novembre 24

Une partie du trésor d’Abomey rendue au Bénin

Le 28 novembre 2017, Emmanuel Macron formulait la promesse suivante : restituer au Bénin les 26 œuvres d’art pillées lors de la colonisation. C’est après 4 ans de dures négociations et de débats que l’acte de restitution a été signé, à Paris, le 9 novembre 2021. 

 « L’Homme-requin », représentant le dernier roi du Dahomey. CR : delanopolis.fr

1892. Les troupes françaises s’emparent du palais royal d’Abomey et capturent le roi Benhanzin. Sur leur passage ravageur, elles pillent plus de 90 000 œuvres d’art d’Afrique subsaharienne. 70 000 sont actuellement au musée du Quai Branly-Jacques Chirac, à Paris. Il est estimé que plus  de 85% du patrimoine africain se trouve en dehors du continent. 

130 années plus tard, le Bénin est le premier pays africain à réclamer officiellement son dû à la France. En 2016, il revendique la restitution de 26 pièces du trésor d’Abomey, parmi lesquelles la célèbre sculpture de l’ ’’Homme Requin’’, représentant le dernier roi du Dahomey (ancien royaume africain situé dans le sud du Bénin). 

« Le patrimoine africain ne peut pas uniquement se trouver dans des collections privées et musées européens », déclare alors Emmanuel Macron en 2017, lors de son discours à Ouagadougou (Burkina Faso) au début de son mandat. C’est la possibilité pour la jeunesse béninoise de retrouver les oeuvres de son pays, mais également son patrimoine. « Ce geste représente une reconnaissance de leur histoire » estime Gaelle Beaujean, responsable des collections Afrique au musée du Quai Branly. 

« Cette restitution n’est qu’une étape »

C’est ainsi que le 9 novembre, le président français et le président béninois, Patrice Talon, se sont retrouvés au Quai Branly pour la cérémonie organisée à cette occasion. Une célébration  des plus symboliques : « il y a des instants dans lhistoire dune nation qui changent le cours des choses. Cet instant-là que nous vivons, cest un instant qui restera gravé, cest un instant important » a affirmé le ministre des Affaires étrangères béninois. « Cest notre âme qui revient, ce sont vingt-six œuvres royales, bien plus que des objets » a également insisté Patrice Talon. À travers un discours émouvant, il a tout de même tenu à rappeler à la France que cette restitution n’était qu’un début. « Monsieur le président, convenez avec moi que la restitution de 26 œuvres que nous consacrons aujourdhui nest quune étape dans le processus ambitieux d’équité et de restitution des patrimoines mémoriels extorqués jadis au royaume du territoire du Bénin par la France », a-t-il appuyé. 

 Ces trésors culturels vont donc être exposés de manière définitive au musée de l’Épopée des amazones et des rois du Dahomey, dont la construction est financée par l’AFD (Agence française de développement). 

Plusieurs états africains – tels que la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, ont rebondi sur l’initiative du Bénin et réclament également la restitution d’œuvres pillées par la France lors de la colonisation. 

Eliot Francomme