novembre 25

Deux adolescents sont arrêtés dans la nuit du mercredi 3 novembre à la suite d’un rassemblement anti-protocole à Belfast


De nouvelles tensions surgissent dans la capitale Nord-Irlandaise entre les forces de l’ordre et la communauté loyaliste. Dans la nuit du mercredi 3 novembre, une manifestation anti-protocole provoque une nouvelle émeute à l’ouest de Belfast sur Shankill Road. Le protocole est l’article du Brexit spécifique à l’Irlande du nord qui maintient le pays dans les règles douanières européenne. Deux jeunes, âgés de 12 et 15 ans ont été arrêtés pour avoir lancé des feux d’artifices sur les forces de l’ordre. Les deux suspects ont été relâché sous caution.  

Depuis le mois d’avril, la colère des loyalistes ne cesse de s’intensifier dans la capitale. Le sentiment d’abandon de la part du gouvernement Britannique s’exprime par les multiples débordements. Paul Doherty, représentant du parti social-démocrate et travailliste de l’Ouest de Belfast appelle au calme et à une fin permanente du désordre. Belfast fait face à une recrudescence d’émeutes et de violences dans ces mêmes quartiers loyalistes. Pour les locaux, cela réveille les sombres souvenirs des troubles entre protestants et catholiques. 

Le protocole Nord irlandais ; c’est sans doute le point le plus épineux du Brexit. Son but est de maintenir la paix en empêchant la construction d’une frontière physique entre les deux Irlande. Bien que l’Irlande du nord fasse parti des quatre nations du Royaume-Uni, elle est la seule soumise aux règles du marché unique européen. La marchandise arrivant de Grande Bretagne par la mer d’Irlande est contrôlée à son arrivée. Cependant, le Royaume-Uni souhaite modifier les règles régissant l’accord, notamment en supprimant le contrôle de l’Union européenne. 

Le gouvernement britannique menace de déclencher larticle 16 

L’origine des violences vient de la remise en question du protocole Nord-irlandais. Londres menace d’appliquer l’article 16 et de se retirer de l’accord. Cet article permet au Royaume-Uni ou à l’Union européenne de décider de mesures unilatérales en cas de désaccord ou de problème économique. 

Ce désaccord ne serait pas sans conséquences et pourrait mettre en péril le maintien de la paix sur l’ile. La crainte est de voir l’accord suspendu, ce qui mettrait les deux parties sur la voie d’une dispute commerciale.  

Aujourd’hui, le gouvernement britannique menace de le suspendre, délaissant ainsi les loyalistes Nord-irlandais. Il a été conçu pour maintenir une frontière ouverte sur l’île, conformément à l’accord de paix du Vendredi saint de 1998 mettant fin à 30 ans de guerre civile en Irlande. Le protocole est par conséquent un enjeu sécuritaire avant d’être un enjeu économique.  

La Grande Bretagne pense avoir fait une erreur en signant ce protocole. L’Union européenne s’attend à tous les scénarios, y compris celui de suspendre l’accord de commerce entre l’Union européenne et l’Irlande du Nord.  


Chloé Bounameaux