novembre 25

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Le micro-entreprenariat, une solution pour les jeunes ?

Les micro-entrepreneurs sont de plus en plus nombreux en France, et pour cause : ce statut permet une certaine liberté et des facilités au niveau juridique. Alors que les chiffres du chômage chez les 15-29 ans ont augmenté avec la pandémie, certains tentent l’aventure pour éviter la case pôle emploi.

La liberté du micro-entreprenariat est restreinte. DR

15,3 %. Il s’agit d’un chiffre clé pour les jeunes Français. Sur 11 351 036 jeunes de 15 à 29 ans en France, 15,3 % sont au chômage. En comparaison, le taux de chômage des 15-64 ans est presque deux fois inférieur (8,5 %). 

L’étude de l’Insee sur ces jeunes, également référencés comme NEET (“neither in employment nor in education or training”), porte sur l’année 2019, mais l’institut précise aussi que, pour la seule France métropolitaine, leur part, en recul régulier depuis 2015, est remontée en 2020 avec la crise. 

Ces jeunes sans bagages font l’objet d’une attention particulière. Ils forment le gros des “décrocheurs”, dénomination générale pour parler de ceux qui ne sont ni au travail, ni en étude, ni en formation. Ils viennent abonder depuis des années les chiffres du chômage de longue durée sur lequel le gouvernement veut “mettre le paquet” selon l’expression de la ministre du travail, Elisabeth Borne.

Certains jeunes cherchent des solutions par leurs propres moyens et préfèrent ne pas attendre une aide extérieure. Ils sont plus de 300 000 à se lancer depuis janvier. Les nouveaux micro-entrepreneurs comme Valentin Revol, 21 ans, ont “pris leur courage à deux mains”. Une alternative qui permet aux 15-29 ans de ne pas être bridés par un patron, vu comme un frein pour beaucoup. “Il n’y a aucun intermédiaire, seulement le client et moi”, souligne Valentin. Le grapheur reste lucide sur son projet : “même si ça ne marche pas, ça restera un aspect créatif de mon métier. Je pourrai chercher du travail dans une entreprise dans mon domaine”.

“On peut vite se décourager”

Sur Internet, des centaines de sites proposent des services pour ceux qui voudraient se lancer dans le micro-entreprenariat, avec un maître-mot : la simplicité. 

« C’est assez simple de créer son dossier, c’est ce qui ne dépend pas de toi qui est long”, précise Valentin. D’autres micro-entrepreneurs déjà passés par là lui ont apporté de l’aide. Tous n’ont pas eu cet accompagnement dans leur projet. Alexia Pappano, 22 ans, a rencontré des difficultés dès le départ pour trouver des sites où effectuer ses démarches administratives. Celles de la jeune auvergnate ont eu beaucoup de retard à cause de l’URSSAF. “On peut vite se décourager, on est spectateur. Les différentes instances font du ping-pong avec nous. On passe des après-midi entières au téléphone pour avoir des réponses à nos questionnements sur nos micro-entreprises.” 

Pour se lancer dans le micro-entreprenariat, la connaissance de ses droits et la capacité à faire la différence entre chiffre-d’affaires et bénéfice sont primordiales. Faire preuve de patience et bien s’entourer restent deux conditions essentielles.

Arthur Grollet