novembre 26

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Maltraitances animales : la fin d’un calvaire ?

Le Parlement a adopté une loi historique visant à lutter contre la maltraitance animale, le résultat d’un combat de longue haleine.

Le texte omet des points essentiels comme celui de la chasse © Chaunu

332 voix pour face à une voix contre, le résultat est sans appel, la loi fait la quasi-unanimité au Parlement.  Alors que 16 894 animaux abandonnés ont été recueillis par la SPA entre mai et août 2021, un chiffre-record, cette loi est un espoir pour les associations. Et pour cause, le texte vise la fin de la vente de chiots et chatons en animalerie et ce, d’ici janvier 2024. Mais également le durcissement des peines pour sévices ou abandon. Ce ne sont pas les seules mesures défendues par le texte qui devrait aussi interdire, progressivement, les animaux sauvages dans les cirques et les delphinariums.

Encadrer les propriétaires

S’il est toujours possible d’acheter un animal de compagnie, un certificat d’engagement et de connaissance sera obligatoire. A l’approche de Noël, les chiots et chatons vont figurer parmi les cadeaux sans que les propriétaires ne prennent réellement conscience de la responsabilité que cela représente.  Les personnes qui auront l’interdiction de détenir un animal seront fichées. Et pour celles qui seront condamnées pour maltraitance, un stage de sensibilisation devra être suivi. Le fait de tuer volontairement un animal de compagnie sera considéré comme un délit. Une lutte acharnée qui paye enfin pour les associations de défense des animaux. Le président de la SPA Jacques-Charles Fombonne, au micro de France Info, a déclaré : « Cela correspond à ce que la SPA voulait et les directions pour lesquelles nous militons depuis plusieurs années ».

Un soulagement partiel

Mais pour certains défenseurs des animaux, cette loi omet nombre de points essentiels. Les députés Olivier Falorni (Libertés et Territoires) et Bastien Lachaud (LFI) ont regretté dans le journal Le Point que la chasse ait été « particulièrement cajolée » pendant ce quinquennat. La remise en question de l’élevage industriel, pourtant très régulièrement pointé du doigt par L214, n’est toujours pas à l’ordre du jour. Autre sujet qui n’est pas abordé : la corrida, qui reste autorisée en France. Malgré l’article 521-1 du code pénal qui stipule que « Le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende ». L’expérimentation sur les animaux est aussi absente des textes. Et même s’il est mentionné une vente d’animaux en ligne mieux encadrée, le président de la SPA aurait préféré son interdiction totale : « Nous nous rendons bien compte que cela ne suffit pas ». Pour les défenseurs de droits des animaux, cette loi n’est qu’un premier pas et ne marque pas la fin de la lutte.

Lola Dravet