La perspective d’une guerre aux portes de l’Europe

Les tensions entre la Russie et l’Ukraine continuent d’embraser l’est de l’Europe. La frontière entre ces deux pays est le théâtre d’une escalade militaire et le risque d’une invasion russe plane sur Kiev. Avec cette manœuvre, Moscou essaye de faire pression sur l’Ukraine pour l’empêcher de rejoindre l’OTAN.

Des images satellites révèlent l’importante présence militaire russe à proximité de la frontière ukrainienne. AFP/Maxar Technologies

La température se réchauffe entre l’Ukraine et la Russie. Depuis plusieurs jours, les deux pays amassent leurs forces militaires le long de leur frontière commune. D’un côté, la Russie est accusée d’avoir mobilisé près de 100 000 soldats sur différentes bases militaires, et de l’autre, l’Ukraine a fait défiler des tanks, ce jeudi 2 décembre. Vraie menace ou coup de bluff, la tension se limite pour le moment à des démonstrations de force. Moscou tenterait avec cette manœuvre militaire de faire pression sur l’Ukraine pour éviter une expansion à l’est de l’OTAN.

En proie à une guerre civile depuis la crise débutée le 21 novembre 2013, l’Ukraine, et son président Volodymyr Zelensky, souhaitent obtenir des « négociations directes » avec la Russie. « Je n’ai pas peur d’une conversation directe », certifie le président, le 1er décembre en évoquant son homologue moscovite. Vladimir Poutine réfute les accusations d’invasion du territoire ukrainien mais annonce que son pays se tient prêt à répondre en cas d’intervention de l’OTAN. « Si de quelconques systèmes de tirs apparaissent sur le territoire de l’Ukraine, le temps de vol jusqu’à Moscou sera de 7 à 10 minutes, ou cinq minutes dans le cas du déploiement d’une arme hypersonique. Imaginez… »

Les Etats-Unis entrent en scène

Ce conflit ne se limite plus seulement à l’est de l’Europe. Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a avancé en début de semaine des « preuves d’importants actes agressifs contre l’Ukraine ». Ce 2 septembre à Stockholm, le chef de la diplomatie a rencontré son homologue russe en marge de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Si les deux camps s’accordent sur l’importance de garder le contact entre Joe Biden et Vladimir Poutine, les Etats-Unis continuent de faire planer des menaces de « séries de mesures économiques à impact élevé » en cas de percée russe en territoire ukrainien. Une invasion qui reste pour le moment une hypothèse comme le souligne Andrei Zagorodniuk, ancien ministre ukrainien de la Défense, à Euronews : « Lancer une opération de cette envergure est une décision politique. Et ce doit être une décision très, très bien calculée, car les risques pour la Russie sont énormes. »

Tom TRICHEREAU