février 04

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Suicide chez les policiers, un bien sinistre mois de janvier

Avec déjà 12 suicides en un mois rien que dans la police nationale, le cauchemar continue pour les forces de l’ordre.

Photo Benjamin Filarski (Hans Lucas)

Le carnet noir des forces de l’ordres se remplit bien vite en ce mois de janvier. Ce lundi, Michael, 50 ans, brigadier-chef à la Police Aux Frontières de Roissy était le 12e policier à mettre fin à ses jours en 2022. Une statistique édifiante étant donné qu’en 2021, 36 policiers se sont donné la mort. Le tiers de ce nombre a donc déjà été atteint en 1 mois.

Selon Gérald Darmanin, ces actes ont « un lien direct avec la vie personnelle et non pas professionnelle de ces personnes ». Une déclaration que nuance Hubert*, brigadier, qui pense que les deux sont liés : « Si les difficultés au travail n’expliquent pas tout, souvent les autres soucis se greffent dessus ». Hubert soutient aussi que « Le fait que les policiers et gendarmes ont une arme de service malheureusement contribue au passage à l’acte ».

Un suivi qui peut s’avérer utile

Gerald Darmanin doit rencontrer les syndicats de police ainsi que les associations de soutien aux forces de l’ordre ce vendredi. Le ministre de l’Intérieur a déjà annoncé le recrutement de 20 nouveaux psychologues dans la police, en plus des 90 déjà en poste pour tout le territoire. Hubert témoigne : « On a une psy et un numéro vert mais je suis assez fataliste : quand tu es décidé, c’est difficile de t’empêcher de passer à l’acte. Surtout que certains ne laissent rien paraître en ayant un comportement normal au quotidien. »

Pour palier cela, il confie que cela change sa manière de travailler :« On est attentifs aux problèmes des uns et des autres ; si ça doit arriver je n’hésiterai pas à signaler une situation de détresse. » Dans ce cas-là, un protocole est prévu, le policier concerné est désarmé et pris en charge par un professionnel, mais « des fois la personne le vit très mal, comme une sanction, et la fin est inéluctable. »

Un cauchemar pour les familles

Pour les proches de policiers, cette sinistre vague est insupportable : « Mon père a de l’expérience maintenant mais je n’imagine même pas les jeunes policiers. Et évidemment que ça me touche parce que je peux être amenée à me demander si mon père a déjà pensé à faire pareil » confie Amanda* 18 ans, fille de CRS.

Il existe des associations pour prévenir le suicide des policiers ; comme ASSOPOL, qui oriente les policiers vers des professionnels de santé, finance leurs soins, et sensibilise la population à la santé mentale des fonctionnaires. Pour rappel, si vous avez des idées suicidaires, en parler peut tout changer. Appelez le 3114, écoute professionnelle et confidentielle, 24/24 et 7j/7. Appel gratuit.

*Pour des raisons évidentes, les noms ont été modifiés

Lucas Métairie