février 08

Jean-Michel Blanquer (re)souhaite plus de mathématiques au lycée

Depuis la réforme du lycée de 2019, l’apprentissage des mathématiques n’est plus obligatoire pour les classes de première et terminale. Ce dimanche 6 février, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé vouloir ajouter les mathématiques au tronc commun des lycéens. Une déclaration qui ravit les syndicats d’enseignants.

Lors de son passage sur CNEWS, Jean-Michel Blanquer n’a pas caché son envie de renforcer l’enseignement des mathématiques au lycée, allant jusqu’à qualifier de «probable» l’ajout de cette matière au tronc commun. Jusqu’en 2019, les mathématiques étaient obligatoires pour les filières ES et S et pouvaient être choisis en option pour la filière L. La matière est aujourd’hui un enseignement de spécialité pour les élèves de première et de terminale.

Par rapport aux dernières années, les lycéens sont moins nombreux à suivre des cours de mathématiques. 59 % des élèves de terminale étudient encore les mathématiques, contre 90 % avant la réforme du lycée, indique l’association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public. Pour cette matière, les professeurs ont perdu un élève sur trois.

«On revient en arrière dans le bon sens du terme»

Sylvain Lagarde, secrétaire académique pour le SNES-FSU (syndicat national des enseignements de second degré) de Toulouse, considère que la réintroduction des mathématiques dans le tronc commun permettrait de «revenir en arrière, dans le bon sens du terme.» Auparavant, les professeurs de mathématiques dispensaient plus d’heures de cours. Selon le ministère de l’Éducation nationale, leur nombre d’heures a diminué de 18 % entre 2018 et 2020.

La réforme a longtemps été dénoncée par les associations syndicales. Sylvain Lagarde estime que «Jean-Michel Blanquer se réapproprie un constat donné par les syndicats».

Lutter contre les inégalités filles-garçons

En première, les lycéens doivent choisir trois spécialités et en conserver deux pour l’année de terminale. Selon Sylvain Lagarde «il y a un choix de spécialité par renoncement» qui a entraîné des «dégâts énormes sur une orientation hyper-genrée dans les matières scientifiques».

La société mathématique de France a fait savoir dans son communiqué du 25 janvier que «seulement 25% des filles en 2021 ont un enseignement de mathématiques de plus de 6 h hebdomadaires, contre 45% avant la réforme.» Elles sont aussi beaucoup moins nombreuses à suivre des enseignements scientifiques.

Clara Besnard