février 08

Partout en France les marchés de Noël s’éco-responsabilisent

Des habitants de la plus petite commune normande à ceux de grandes métropoles comme Toulouse, partout en France les gens attendent impatiemment les fêtes de fin d’année. À l’origine de 828 millions de recettes chaque année selon le Center for retail researchs (CRR), les marchés de Noël constituent une importante échéance économique. Des intérêts à concilier avec les nouveaux enjeux environnementaux. À travers l’hexagone, les organisateurs  « di-vert-sifient » leurs idées à leurs échelles pour réduire l’impact écologique de ces marchés tout en conservant la féerie du moment.

Marché de Strasbourg – © Mélina Facchin

Installé au centre-ville de Toulouse du 10 au 26 décembre, le village de 110 chalets a accueilli cette année pas moins de 570 000 visiteurs. Au fond du village de Noël, la patinoire, attraction phare, signe son grand retour mais interroge les visiteurs : « En plein milieu d’une crise climatique mondiale, on peut se passer d’une patinoire » affirme Laura, 19 ans. Le directeur du marché de Noël Pierre Vincent rassure les plus réticents « ce n’est pas un congélateur à ciel ouvert comme beaucoup peuvent le penser ». La Technologie Ice World utilisée pour la patinoire de 200m2 est la moins énergivore du marché. Dans le marché on retrouve aussi bon nombre de poubelles de tri. Un dispositif relativement efficace selon Pierre Vincent « le contrôle qu’on exerce sur les déchets des exposants c’est environ 75 % d’ordures revalorisées par la suite ».  Les visiteurs, moins bons élèves, ne permettent au marché de recycler les déchets qu’à hauteur de 20 %.

L’importance du local

La ville rose se rattrape sur le local, mis à l’honneur avec 60 % de produits régionaux et 20 % de produits toulousains. On retrouve du pastel, du canard, de la violette…mais aussi de l’ambre de la Baltique et des vêtements traditionnels népalais. Une diversité appréciée par Jacques habitué du marché, « c’est super de mettre les produits locaux en évidence, mais de laisser aussi la place à l’artisanat international ». Annie, exposante sur un stand de pastel prône un retour aux sources : «il faut valoriser nos richesses régionales et montrer aux Toulousains ce qui vient de chez eux ».

Si la commune d’Evrecy, dans le Calvados, est bien plus modeste (2000 habitants) c’est également l’organisation entre acteurs locaux qui permet de limiter l’impact écologique du marché de Noël. « Au moment de sélectionner nos exposants, nous vérifions à chaque fois qu’ils sont issus du secteur d’Evrecy pour limiter le coût écologique des déplacements, et assurer le côté « local » du marché de Noël » explique Audrey, membre de l’association organisatrice Familles Rurales.

La sobriété dans le renouvelable

Dans le marché en question, ces exposants vendent des alternatives aux objets du quotidien à usage unique (cotons lavables, etc…), et la buvette a suivi le mouvement : « Avant, on vendait des crêpes et des boissons dans des assiettes et des pailles en plastiques, maintenant on privilégie le carton, mais surtout des couverts qu’on lave nous même, pour jeter le moins possible » précise Audrey.

Enfin, notons que ce marché se déroule dans l’ancien gymnase du village. Une manière de ne pas laisser à l’abandon ce potentiel énergétique  depuis la construction du nouveau centre de sports intercommunal. « Au lieu d’être détruit, il sert toujours pour ce type d’évènements, avoir ce bâtiment permet d’éviter les structures provisoires ».

L’idée d’utiliser des outils pérennes pour le marché de Noël se retrouve aussi dans le discours du décorateur du sapin de Strasbourg, que Roxane Volclair a interrogé :

Roxane Volclair  : Avez-vous pris en compte l’écologie quand vous avez réalisé les décorations et le sapin ? 

Romaric Gusto : Oui. Il peut y avoir une polémique sur l’abattage de l’arbre. Pour moi, c’est un arbre qui de toute façon allait être abattu pour autre chose donc autant qu’il sublime une place. On revalorise le produit dans un deuxième circuit. On fait des rotations avec nos décors, on les customise à nouveau pour tenter de proposer des choses innovantes chaque année.

R.V. : Il y a plus d’une centaine d’étoiles lumineuses et une guirlande de 7 kilomètres de long. Connaissez-vous la consommation et l’impact écologique de cette décoration ? 

R.G. : La consommation du sapin n’a pas été mesurée cette année. Mais le sapin est 100% LED, il a son propre système de programmation et d’allumage, ce qui fait qu’en journée il y a une veille réduite jusqu’à la tombée de la nuit.

R.V. : À la fin de la période de Noël, que faites-vous de toutes ces décorations ?

R.G. : Elles retournent dans notre atelier où elles seront nettoyées, rangées et gardées pour d’autres projets. Ils nous arrivent de les réutiliser l’année d’après, sur un nouveau sapin. Elles ne sont pas jetées.

L’équipe du projet EKOLO

Lucas Métairie, Roxane Volclair, Océane Boisseleau, Jeanne Bienvenu et Jade Sadmi