Un bébé décède lors d’une opération contre une embarcation de migrants au large de Trinité et Tobago

Un tragique accident s’est produit au large des côtes de Trinité et Tobago, un État insulaire des Caraïbe. Yaelvis Santoyo Sarabia âgé de 9 mois, a succombé dans les bras de sa mère suite aux coups de feu des gardes côtes.

Samedi 5 février aux alentours de minuit, les garde-côte ont identifié un bateau transportant illégalement une vingtaine de migrants fuyant le Venezuela. Les autorités ont reconnu, dans un communiqué diffusé dimanche, avoir ouvert le feu sur l’embarcation, tuant un enfant de 9 mois.

Les gardes côtes ont indiqué que le bateau ne répondait pas aux injonctions visuelles et sonores déployées afin d’inciter l’embarcation à s’arrêter (tirs de sommation effectués dans les airs, avertissements au haut-parleur). Ils ont également souligné qu’au moment d’ouvrir le feu, leur vie était en danger, et qu’il s’agissait d’une action de légitime défense.

Les gardes côtes de Trinité et Tobago ont clarifié la situation par un communiqué publié sur leur page facebook, le lendemain du drame.

 « C’est la réalité de nos côtes »

Orlando Moreno, militant au Venezuela pour les Droits de l’Homme.

Concernant l’enfant, les autorités affirment avoir constaté la présence des migrants illégaux une fois à bord. Elles racontent avoir découvert « une femme immigrante clandestine tenant un bébé ». Cette femme, Darielvis Sarabi, est blessée. Son bébé a été tué au cours de l’opération.

Le bateau clandestin était parti samedi soir depuis l’est du Venezuela.  «C’est la réalité de nos côtes. C’est une tragédie permanente avec des visages, des histoires, des familles et de la douleur» a témoigné le militant des droits de l’homme, Orlando Moren, déjà en lien avec des proches du bébé décédé.

On estime qu’entre six et dix embarcations s’échappent quotidiennement avec des migrants à bord, indique M. Moreno à l’AFP, alors que les Vénézuéliens continuent de fuir la crise économique que traverse l’État socialiste, dirigé par le gouvernement du président Nicolás Maduro. Selon l’ONU, quelque 5 millions de Vénézuéliens ont fui le pays de 30 millions d’habitants depuis 2015. Parmi eux, 25.000 ont choisi comme destination Trinité-et-Tobago, qui dit avoir enregistré l’arrivée de 16.000 Vénézuéliens. Il n’est donc pas rare que les embarcations clandestines soient surchargées et les accidents, nombreux.

Raphaëlle Hutin