février 09

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Gallimard redoute la fusion Hachette-Editis

Le patron des éditions Gallimard évoque son inquiétude vis-à-vis de la fusion entre les maisons d’édition Hachette et Editis. Cette dernière, propriété de Vivendi (Vincent Bolloré), est un outil de taille pour faire gagner de l’influence à l’homme d’affaires controversé.

Vincent Bolloré a dû répondre de son rôle dans la concentration des médias en France devant le Sénat, le 19 janvier 2022. (Photo de Thomas SAMSON / AFP)

Antoine Gallimard s’est dit mercredi inquiété par le projet de fusion entre Hachette (Lagardère), premier éditeur français, et son concurrent Editis (Vivendi). Selon ;e patron des éditions Gallimard, la fusion provoquerait un «tsunami» pour le secteur de l’édition et son pluralisme. «On touche à des terrains extrêmement sensibles : le scolaire et le parascolaire», a-t-il déclaré au micro de France Inter.

Cette crainte découle d’une stratégie Bolloré très critiquée. Il y a deux semaines, l’homme d’affaires était auditionné par le Sénat au sujet de son influence grandissante dans les médias, et du rôle politique qu’il y joue. De nombreux journalistes ont quitté leur rédaction après le rachat des médias Europe 1, Prisma Media et Canal+ par le groupe Vivendi. Ces départs signent une contestation de la main mise idéologique de Vincent Bolloré sur les rédactions qu’il rachète. 

« La grande force de l’édition en France, c’est la diversité »

Au début des années 2000, le pôle édition du groupe Vivendi évitait son rachat par le groupe Lagardère grâce à une interposition de la Commission européenne. Aujourd’hui, Antoine Gallimard espère une nouvelle intervention de Bruxelles pour éviter que la fusion ne voit le jour. L’opération doit ainsi être validée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et par la Commission européenne. Cette volonté s’inscrit dans une volonté d’acquisition du groupe Lagardère, déchu, par la famille Bolloré. Vivendi avait annoncé en septembre son intention de monter à 45% du capital du groupe Lagardère.

«La grande force de l’édition en France, c’est la diversité, c’est d’avoir des libraires indépendants, des petits éditeurs, des auteurs de toutes sortes. On fait un métier d’artisan. [Cette] démarche économique et industrielle n’a pas de sens», martèle Antoine Gallimard, sur France Inter.

La volonté d’une fusion entre ces deux maisons d’éditions coïncide avec la croissance du marché du livre en France, en 2021. Livres Hebdo note une progression de 12,5% en euros constants par rapport à 2020, et de 7,4% par rapport à 2019.

Samuel Gut