février 10

La France compte moins de surendettés, mais les inégalités persistent

Réalisée par la Banque de France, l’enquête annuelle sur l’état de surendettement des ménages vient de paraître ce mardi. Et les résultats sont surprenants. Malgré la pandémie, le nombre de dossiers de surendettement a baissé de 15% par rapport à 2019.

Les données sont claires. Les Français sont moins surendettés qu’avant la crise sanitaire. C’est-à-dire que la majorité des individus a réussi à faire face à l’ensemble des dettes «non-professionnelles» contractées, comme les factures ou les remboursements de crédit. Au total, 120.968 dossiers de surendettement ont été déposés en 2021 aux commissions de la Banque de France.

Évolution du nombre de dossiers de surendettements déposés aux commissions entre 2017 et 2021 – Datavisualisation : Arnaud Ciaravino

Mais comment expliquer cette baisse? Marc Béry, directeur des particuliers de la Banque de France cité par l’AFP, l’explique par la «réduction tendancielle du chômage et plusieurs réformes visant à prévenir le surendettement et à améliorer l’efficacité de la procédure de traitement des dossiers».

Des disparités dans les chiffres

Les données fournies par l’enquête de la Banque de France révèlent les inégalités sociales et de genres. Par exemple, les personnes possédant un patrimoine inférieur à 2000 euros sont davantage surendettés (à 84.1%), à l’inverse des individus aisés ou riches possédant plus de biens.  

Au-delà des disparités sociales, le genre des individus joue aussi un rôle au surendettement. Les femmes sont en effet plus exposées que les hommes à ce phénomène. Et à tous les âges de la vie. Elles représentent par ailleurs 54% des personnes surendettées de 25 à 54 ans.

Pourcentage du nombre de personnes surendettées chez les hommes et chez les femmes, tout âge confondu – Datavisualisation : Arnaud Ciaravino

L’institution avance une explication. La surreprésentation des femmes surendettées pourrait être provoqué par leurs rémunérations inférieures à celles des hommes et le statut plus fréquent de cheffe de famille monoparentale. Celles qui sont seules ou avec un enfant à charge sont aussi très vulnérables.

Arnaud Ciaravino