« Une œuvre, une heure », le concert pédagogique et original de l’Orchestre de Cannes

Près d’une fois par mois, l’Orchestre de Cannes présente un concert qui veut initier les spectateurs aux subtilités des grandes pièces de musique.

L’Orchestre de Cannes interprète le Concerto pour piano et orchestre n°1, en sol mineur, op. 25 de Felix Mendelssohn avec la pianiste Stella Almondo / Bastien DUFOUR

Les applaudissements envahissent l’auditorium des Arlucs à Cannes ce dimanche 9 janvier quand l’orchestre entre dans la salle comble. Le premier concert de l’année 2022 ne durera qu’une heure, pour présenter une œuvre. La série « Une œuvre, une heure » a pour objectif d’éveiller la curiosité des spectateurs. C’est pourquoi, dès son entrée sur scène, le chef d’orchestre Marc Leroy-Calatayud, en résidence à Cannes depuis septembre, prend la parole. L’œuvre du jour, c’est celle du compositeur romantique Felix Mendelssohn.

Projeter des images par le son

Avec légèreté, humour, mais aussi interaction, le chef plonge l’audience dans le monde du compositeur. L’œuvre se dévoile. Comment sont représentés l’eau, les vagues, les bateaux ? Mais aussi l’amour dans ses différents états. « Le premier mouvement est en mineur, on comprend que c’était mal parti pour lui… ». L’orchestre intervient fréquemment pour illustrer les propos du chef. Clémence, corniste explique : « Avant le concert, le chef nous dit quelles mesures [passages de la partition, ndlr] nous devons jouer, après telle ou telle phrase d’explication ». Les musiciens ne découvrent les explications complètes qu’en même temps que le public ! Ils se doutent pourtant des sujets qui vont être abordés, comme le confie Philippe Voituron, le percussionniste : « les images que le chef donne au public sont les mêmes que celles qu’il nous donne en répétition, c’est un procédé que tous utilisent, pas que pour ces concerts un peu pédagogiques ».

« C’est le sens de ma résidence cette année avec l’orchestre de Cannes »

Pour Marc Leroy-Calatayud, « pouvoir organiser des projets comme ça, c’est le sens de ma résidence cette année avec l’Orchestre de Cannes ». Donner des clés de lecture sur une œuvre est pour lui très important et « ouvre des portes » pour mieux appréhender d’autres pièces. « C’est quelque chose que j’ai toujours fait, d’expliquer pourquoi une œuvre est géniale ». Il continue de transmettre sa passion sur sa chaine YouTube « Gropéra ». Il cherche à rendre accessibles les chefs d’œuvres de l’opéra au plus grand nombre. Sur Internet comme à l’orchestre, « le plus gros du travail, c’est la rédaction du texte, si c’est une œuvre que je connais déjà bien, je vais relativement vite, sinon, je passe du temps à la remettre dans son contexte, notamment avec des éléments de biographie du compositeur ».

Un public curieux et très attentif

« Comment gérez-vous la répartition des masses sonores entre l’orchestre et la soliste ? », « La mort peut-elle être aussi évoquée dans le romantisme ? ». Nombreuses ont été les questions de ceux qui sont restés dans la salle pour participer à un temps d’échange avec le chef et la pianiste-soliste Stella Almondo. Des interrogations sur la technique et l’interprétation mais aussi une standing ovation qui témoignent de l’intérêt du public pour ce type de représentation.

Bastien DUFOUR