Armée: Rafale, de « l’échec commercial » au retour sur la scène internationale

Ce jeudi 10 décembre, le groupe Dassault a annoncé la vente de 42 avions de combat Rafale. C’est la septième fois que les avions de combat français s’imposent face à leurs concurrents américains et suédois.

Quarante-deux Rafales vont venir gonfler les rangs de l’armée de l’air indonésienne. CHAIDEER MAHYUDDIN / AFP

Après avoir signé le « contrat historique » de 80 Rafales aux Émirats arabes unis fin 2021, le groupe Dassault démarre 2022 par un nouveau succès commercial. L’Indonésie vient rejoindre les rangs des pays qui ont fait confiance au groupe français. Ce jeudi matin, l’Air Vice Marshal Yusuf Jauhari, le chef de l’agence d’acquisition du ministère indonésien de la Défense, et Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, ont officialisé la vente de 42 avions de combats Rafale.

Longtemps annoncé comme un «échec commercial», voire «d’avions maudits», le fleuron du groupe Dassault enchaîne les contrats depuis quelques années. Cela a débuté en 2015 avec l’Égypte et le Qatar. Puis l’année suivante, c’est l’Inde qui a emboîté le pas.

Pendant plus de vingt ans, cet avion a connu de très nombreuses difficultés limitant sa vente : la fin de la guerre froide laissant croire à l’avènement de relations internationales moins tendues, la limitation des budgets militaires, l’échec des négociations avec plusieurs pays au début des années 2000. Le dernier gros échec est survenu en 2007 au Maroc, où les avions américains ont été préférés aux Rafale. Comment expliquer ce regain de forme du Rafale, 7 ans après la première signature du premier contrat d’exportation ?

  • Des démonstrations militaires grandeur nature

Les deux premiers succès à l’exportation en 2015 semblent être directement liés aux démonstrations grandeur réelle du Rafale de l’armée française sur les théâtres de guerre. D’abord en Afghanistan à partir de 2007, puis en Libye en 2011 et au Sahel depuis 2013. Dans le cadre de l’offensive internationale contre Daech, les Rafale français ont également effectué de nombreuses frappes et missions de reconnaissance en Irak et en Syrie.

  • Le F-35 affiche des failles de fiabilités

Un rapport réalisé par POGO (Project On Government Oversight), un groupe de recherche indépendant basé à Washington, a été livré au secrétaire américain à la Défense en 2019. Selon ce rapport, l’appareil américain signale de nombreuses défaillances. Il ne répond pas aux « normes opérationnelles » et ne réussit pas l’ensemble des tests de durabilités. Les Rafale s’imposent alors dans les esprits comme une alternative crédible face aux chasseurs américains.

Tom Trichereau