Les dirigeants européens s’organisent diplomatiquement pour éviter le conflit en Ukraine

Emmanuel Macron et Olaf Scholz rencontreront les présidents ukrainien et russe dans les deux prochaines semaines.

Un convoi de véhicules blindés russes se déplace le long d’une autoroute en Crimée, le mardi 18 janvier 2022. AP

Les troupes russes sont toujours plus menaçantes aux portes de l’Ukraine. Certains observateurs parlent de 130 000 hommes et la crainte d’un conflit armé est de plus en plus forte. Face à la montée des tensions — les États-Unis ont aussi déployé des troupes dans la région —, l’Élysée a annoncé la visite d’Emmanuel Macron en Russie et en Ukraine à compter de ce lundi. Le chancelier allemand suivra la semaine d’après.

Une réponse commune européenne

La situation est « très volatile » pour l’Élysée, mais le palais présidentiel estime qu’il y a encore de la place « pour la diplomatie, la désescalade ». Une réponse commune européenne est nécessaire. Après une réunion à Berlin les dirigeants français et allemands ont décidé de coordonner leur action à une semaine d’intervalle. Emmanuel Macron rencontrera d’abord Vladimir Poutine et traversera la frontière le lendemain pour négocier avec Volodymyr Zelensky. Olaf Scholz, à une semaine d’intervalle, commencera par le président ukrainien avant de se rendre côté russe. L’enjeu pour les deux dirigeants est d’abord d’apaiser les tensions, mais aussi de montrer que l’Union européenne n’est pas impuissante. En effet les Allemands, très dépendants du gaz russe, se sont d’abord montrés frileux. La question de la souveraineté européenne est remontée sur la table.

Retour du « en même temps stratégique »

Paris a pris, en janvier et décembre dernier, la présidence du conseil de l’Union européenne et de la Force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF). Une unité de 3500 soldats de l’OTAN au plus haut niveau de réactivité opérationnelle. « Les Français sont dans un “en même temps stratégique”. Ils veulent réactiver les négociations sur l’Ukraine, notamment le “format Normandie” [rassemblant la Russie, l’Ukraine, l’Allemagne et la France], et actualiser les traités sur l’usage des armements en Europe ». Explique Amélie Zima, chercheuse en relation internationale au Centre Thucydide de l’université Panthéon-Assas Paris-II. « Il est certain que l’UE est désormais plus active sur le flanc est du continent et en Ukraine », poursuit la spécialiste de l’Europe centrale et de l’OTAN. La Commission européenne a en effet proposé une enveloppe supplémentaire de 1,2 milliard d’euros, dont 600 millions d’euros déboursés « rapidement » en cas de vote des 27.

Victor LETISSE – – PILLON