« Convoi de la liberté »: héberger pour résister

Après une journée de route, le « Convoi de la liberté » a été accueilli en trombe par les Avignonnais. Certains d’entre eux ont hébergé des routiers pour la nuit.

Toute une foule, à la lumière des phares, s’est réunie au parc des expositions d’Avignon pour accueillir le convoi. Au son des applaudissements et des chansons françaises, le convoi de la liberté renforcé par les branches marseillaises et toulonnaises, se rassemble pour la première nuit du trajet vers Paris.

Dans la foule, des locaux proposent aux nouveaux arrivants de les héberger pour la soirée. À l’annonce du convoi, ils se sont sentis obligés d’être présents et d’apporter leur aide « à leur niveau ».

Ne pas rester sans rien faire

Patrick, père de trois enfants, ne pourra pas rallier le convoi, mais il a ouvert les portes de sa maison à une manifestante. «Quand tu as des gamins, tu es obligé de penser à demain» explique-t-il en train de cuisiner pour son invitée d’un soir. Il se souvient avoir «suivi ce qui se passait au Canada avec un peu de jalousie» en ajoutant, «je ne pouvais pas m’imaginer ne rien faire. Il fallait maintenir cette flamme de résistance».

Une «résistance» en partie organisée par sa femme Marilyn. Lorsqu’elle a vu sur un groupe Telegram qu’un convoi se préparait à passer par Avignon, elle n’a pas hésité se mobiliser : «J’en ai parlé autour de moi et ça a fait un effet boule de neige».  Si elle ne sait pas réellement quoi attendre du convoi de la liberté, elle salue «tous ces gens qui n’ont pas envie, contrairement à Macron, d’emmerder les Français».

Besoin d’humanité

Cet élan d’hospitalité suivi par plusieurs dizaines de locaux est aussi motivé par un besoin « d’humanité ». C’est le cas de Mari-Paule qui, à deux heures du matin, mangeait une raclette avec les trois inconnus invités à dormir chez elle à Châteaurenard. «On nous sépare, on nous divise, on nous traite de complotistes parce qu’on se pose des questions» déplore-t-elle en parlant de la politique sanitaire du gouvernement. Tout en saluant le convoi en partance pour Lyon, elle regrette de ne pas prendre la route, mais se félicite d’avoir entretenu « l’esprit de solidarité, de partage, de bienveillance. Tout ce dont on nous a privé et que le convoi nous redonne ».

Alors que la route continue pour les centaines de manifestants du sud-est de la France, le convoi laisse derrière lui celles et ceux qui n’ont pas pu suivre.

Alexandre Ori et Simon Martin