février 14

Euphoria: la série au cœur du scandale

Accusée par une association américaine de glorifier la drogue, la série Euphoria, co-produite par Drake, fait polémique. L’actrice principale, Zendaya y a répondu, ainsi qu’un expert en addictologie.

Pour de nombreux adolescents, la série du moment, c’est «Euphoria». Co-produite par Drake, avec au casting la célèbre Zendaya, la série télévisée dramatique américaine fait pourtant polémique. Accusée par le Drug Abuse Resistance Education (D.A.R.E) de «glorifier à tort et dépeindre de façon erronée l’usage de drogue par des étudiants au lycée», Zendaya a répondu : «Notre série n’est en aucun cas un conte moral pour apprendre aux gens comment vivre leur vie ou ce qu’ils devraient faire. Au contraire, le sentiment derrière Euphoria, ou tout ce que nous avons et ce que j’ai toujours essayé de faire, c’est d’aider les gens à se sentir un peu moins seuls face à leur expérience et à leur douleur.»

« Euphoria ne me rappelle que les mauvais côtés de la drogue »

Pour Sarah, étudiante de 19 ans, le programme est potentiellement dangereux: «Ils ont accès très facilement à la drogue. Oui, c’est en Amérique, mais quand on regarde ça en France, on peut penser que ce n’est rien de grave.» Son amie Oriane n’est pas du même avis. Fan de la série, elle s’identifie beaucoup au personnage de Rue. «J’ai eu ce genre de problèmes, et ça ne me rappelle que les mauvais côtés. C’est très bien réalisé, et ça donne tout sauf envie de prendre de la drogue. Les disputes familiales, les problèmes d’argent… Je ne vois aucune glorification.»

Diffusée sur OCS en France, la série « suit les tumultes de lycéens qui naviguent entre alcool, sexe, drogue et quête identitaire ». Pour Faredj Cherikh, psychiatre et addictologue à Nice, l’influence de ce type de contenus est secondaire : «Oui, ce sont des séries qui sont très suivies ; mais ce qui passe avant tout, c’est l’influence des pairs et de l’extérieur. Cette jeune fille qui a mis fin à ses jours était certainement déjà en état de souffrance. La série peut désinhiber et donner du courage avant de passer à l’acte, mais il y a des prédispositions psychologiques avant même le visionnage du contenu

La responsabilité de la production ou du spectateur ?

Si la saison 2 est actuellement en cours de diffusion, les acteurs ont eux-même prévenu de la violence de certaines scènes. Avec un message posté sur Twitter, Zendaya rappelle : « Cette saison, peut-être plus que la première, est très émouvante et traite de sujets qui peuvent être déclencheurs et difficiles à regarder. S’il vous plaît, ne regardez que si vous vous sentez à l’aise. »

Un trigger warning (avertissement au public) utile d’après le Dr. Cherikh : «Bien sûr, les producteurs et l’équipe de tournage ont une responsabilité. Ces contenus sont un facteur de risque. Cependant, il faut garder un regard critique et du recul, et surtout faire attention au contenu qu’on peut regarder. Personne ne vous oblige à le faire. De toute manière, ce qui intéresse le grand public, c’est de jouer sur les émotions des gens. Une série qui ne parle pas aux gens ne va pas marcher.» Et vous, ça vous parle ?

Juliette BUJKO