La Saint-Valentin fait vendre en France

Par Christiann Koepke sur Unsplash.

Le 14 février marque l’arrivée de la Saint-Valentin. Si la fête célèbre les amoureux, elle est aussi l’occasion pour les commerçants d’augmenter leur vente. Pour certains, il s’agit même d’un moment clé de l’année.

60% des français en couple fêtent la Saint-Valentin d’après IntoTheMinds, un cabinet d’étude de marché français. Cette donnée fait de la célébration une occasion pour les entreprises d’engranger de l’argent. À une semaine du 14 février, un fleuriste cannois est enthousiaste. «C’est une fête que j’attends avec impatience, la Saint-Valentin est très importante pour un business comme le mien.» Il s’attend à vendre bien plus qu’à n’importe quel autre jour de l’année et, à 20 euros le bouquet en moyenne, ça ne représente pas rien pour la commerçante. «Mes ventes de la Saint-Valentin représente une part quand même importante de mon chiffre d’affaire. Les fleurs ont toujours été beaucoup associées à la Saint-Valentin, c’est pour ça que c’est vraiment un des jours de l’année où attendre de la clientèle», précise-t-il.

Direction une petite bijouterie indépendante où le constat est le même. La Saint-Valentin devrait être une bonne période pour les affaires. «Après les soldes, on vit une sorte de passage à vide. Les ventes baissent et c’est vrai qu’on tourne au ralenti. La Saint-Valentin permet de relancer la machine. Les hommes passent acheter un bijou à leur compagne et ça nous permet de voir une hausse des ventes,» explique le bijoutier. Selon une étude de Master card sur les transactions effectuées par carte de paiement, les dépenses liées à la fête des amoureux enregistrent en France une hausse de 50% de 2017 à 2020. 

Une fête de nature commerciale 

Si la fête des amoureux est d’abord une célébration anglo-saxonne, elle semble de plus en plus entrer dans les moeurs françaises. «Les gens la fête plus depuis quelques années je pense. Je fais ce métier depuis longtemps et j’ai l’impression qu’ils ont tendance à plus dépenser qu’il y a 20 ans par exemple», souligne le commerçant.  Un client confirme : «Depuis quelques années maintenant, j’achète un collier à ma femme pour la Saint-Valentin. C’est un peu tradition, je m’imagine mal ne rien offrir pour l’occasion.» Et si un hausse général des achats se fait ressentir, il concerne particulièrement «l’expérience en cadeau» qui se voit – d’après l’étude de Master Card – faire un essor fulgurant. Les dîners romantiques ont progressé de 69%, les réservation hôtelières de 68% et les voyages romantique de 32% entre 2017 ces dernières années.

La Saint-Valentin reste pour beaucoup «une fête commerciale». «La Saint-Valentin, comme toutes les célébrations du genre, est l’occasion de surconsommer. On assiste chaque année à un boom des ventes à cette période parce que ce genre d’évènements est propice aux dépenses. C’est la fête donc on peut se permettre de marquer le coup», confirme une professeur d’économie en lycée. Et ça, les entreprises l’ont bien compris. IntoTheMinds estime à 11,4 milliard d’euros les dépenses faites en campagnes pour la Saint-Valentin en 2019. Les enseignes rivalisent chaque année d’ingéniosité pour pousser les amoureux de l’amour à faire quelques cadeaux à leur partenaire. «Dans notre boutique, on essaie de parler aux couples pour l’occasion. Notre publicité sur les réseaux sociaux est axée sur le «faire plaisir». L’idée c’est de montrer que c’est toujours sympa de faire un geste», affirme le bijoutier.

La crise du COVID n’a pas épargné Cupidon

Si la Saint-Valentin fait vendre, la crise du COVID-19 n’a pas épargné Cupidon. Les commerçants observent une baisse de leur vente l’année passée. «Depuis le début de le coronavirus, les gens fêtent moins la Saint-Valentin. En tout cas, dans ma boutique, j’ai vendu moins de fleurs l’année dernière qu’avant la pandémie», précise un fleuriste de Mandelieu-la-Napoule. D’après IntoTheMinds, la pandémie a impacté les secteurs bénéficiant d’un boom lors de la Saint-Valentin. En 2021, les dépenses en lien avec la Saint-Valentin ont baissé : -22% dans la restauration, -64% pour les voyages et moins 10% pour les activités notamment. 

«Même si c’est une baisse qu’on doit prendre en compte, ça reste quand même pour nous une période de hausse des ventes», nuance le commerçant qui reste heureux de voir la fête se rapprocher. «Généralement, les hommes se décident à la dernière minute à faire un cadeau et il est encore tôt, mais j’ai déjà des commandes. J’en attends en tout cas bien plus. Dans une période où le coronavirus malmène beaucoup nos affaires, la Saint-Valentin est une bouffée d’air frais. On reprend espoir». 

Clémence Michellon