Plastique: ce matériau qui pollue aussi notre santé

Si les conséquences du plastique sur l’environnement sont connues, il est plus difficile d’évaluer leurs impacts sur notre santé. Pourtant, le recours au plastique dans la vie courante peut être nocif d’un point de vue sanitaire.

Le plastique n’est plus fantastique. Emballages alimentaires, coque d’appareils électroniques, revêtement des voitures, ce matériau est très présent au quotidien. Depuis la loi sur la transition énergétique de janvier 2020, les entreprises, les lobbies ou encore les médias affichent des convictions écologiques pour sensibiliser à l’environnement. Epargner l’environnement des déchets plastiques apparaît alors comme une évidence. Mais le plastique est aussi composé de produits toxiques, dangereux pour l’Homme.

Romain Wisseler est le directeur général de Green Cup, entreprise de gobelets réutilisables basée à Saint-Etienne. Selon lui, les firmes et les particuliers s’intéressent d’avantage à l’aspect écologique d’un produit plutôt qu’à son aspect sanitaire: « Les clients nous demandent si nos gobelets sont issus de plastiques recyclables. La réponse est oui, car il s’agit de polypropylène. On peut les refondre et les transformer en pince à linge par exemple. (…) Par contre, il est vrai que peu d’entres eux nous questionne sur la dangerosité du polypropylène ou encore sur ses effets sur la santé », détaille le directeur. Si le polypropylène n’est pas toxique, il contient des toxines qui sur le long terme peuvent être néfastes pour la santé. Au total, il existe sept catégories de plastiques différentes, répertoriées de 1 à 7: le polyéthylène, le polyéthylène haute densité, le polychlorure de vinyle, le polyéthynel, le polypropylène, le polystyrène et la catégorie « Autre », composée d’un mélange des plastiques pré-cités. 

« Le plus étonnant, c’est que finalement les plastiques les plus toxiques sont utilisés dans le domaine de l’agroalimentaire… »

Si l’utilisation de ces plastiques répond à une logique, sur le long terme, ils peuvent être dangereux. Samuel Meyer travaille au pôle éco-conception de Saint-Etienne. Il étudie la composition des différents plastiques: « par exemple, une bouteille d’eau est composée de polyéthylene. Si vous utilisez trop de fois cette même bouteille, le plastique va commencer à s’abîmer. Ainsi, à force de la re remplir, des micros particules de plastiques vont se détacher de la bouteille et se mettre dans votre eau, que vous allez ensuite boire», explique-t-il. D’après le Center for International Environmental Law, il existe encore une trop grande méconnaissance de la composition chimique des différents types de plastiques. Cette zone de floue rend difficile la mesure de l’impact réel des dangers pour la santé. « Le plus étonnant, c’est que finalement les plastiques les plus toxiques sont utilisés dans le domaine de l’agroalimentaire…», remarque Samuel Meyer.
Un plastique peut également devenir dangereux si son utilisateur s’en sert mal. « Si vous passez votre panier-repas au micro-onde alors que le plastique qui la compose n’est pas conçu pour supporter la chaleur, là aussi des particules potentiellement cancérigènes peuvent se déposer sur votre nourriture», conclut le salarié du Pôle Éco-conception.