Rango, un boitier intelligent qui aide les malvoyants et les aveugles

La start-up lyonnaise GoSence a mis au point Rango, un boitier qui permet aux personnes aveugles de se déplacer plus facilement. Il se place sur la canne blanche et alerte le propriétaire des obstacles se trouvant devant lui.

Rango se fixe sur la canne blanche des personnes malvoyantes et aveugles. Photo : GoSence

«Ça fait comme un “bip-bip“ de voiture», explique Philippe. Malvoyant depuis 18 ans, il se déplace grâce à Rango, un boitier qui l’alerte des obstacles autour de lui. Placé sur sa canne blanche, il détecte les objets à l’aide de capteurs 3D. Philippe l’a reçu avec des oreillettes. C’est grâce à celles-ci qu’il peut éviter les personnes et le mobilier urbain. Par exemple, si un banc se trouve sur la droite de Philippe, il entendra un «bip» en bas à droite.

Les écouteurs permettent aux malvoyants et aux aveugles de repérer les obstacles. Photo : GoSence

Récemment, la start-up lyonnaise GoSence qui développe Rango a ajouté une nouvelle fonctionnalité. Le boitier annonce et décrit les intersections et les carrefours. Les utilisateurs comme Philippe peuvent aussi connaitre les horaires de transport en commun et leur localisation. «Grâce à Rango j’ai plus d’autonomie et de confiance en moi», témoigne Philippe.

Mais ce dispositif médical a aussi des inconvénients. «Il faut penser à le charger», prévient Philippe. La batterie de Rango n’a que trois heures d’autonomie. Il est déjà arrivé que le boitier s’éteigne pendant que Philippe l’utilisait.

Ce boitier Rango coûte 1.500 euros mais il est possible de demander un prêt à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) par exemple qui pourra financer jusqu’à 75% de la somme.

Une application pour enregistrer ses trajets à l’avance

«Parfois, dans la foule c’est perturbant parce que ça détecte constamment les obstacles», confie Philippe. Dans ces cas-là, il entend plein de «bip-bip», ce qui le dérange.

Philippe aimerait aussi pouvoir enregistrer ses trajets à l’avance dans Rango. GoSence a déjà créé une application qui le permet. Il s’agit de Wizigo. Philippe la connait et souhaiterait que ce dispositif soit intégré à Rango. Grâce à cette fonctionnalité il pourrait notifier au fur et à mesure les endroits dangereux.

Rango n’est pas le seul produit facilitant la vie des personnes malvoyantes et aveugles. Philippe utilise aussi une caméra ORCAM qui lit pour lui. Placée sur ses lunettes, elle détecte ce qu’il pointe du doigt et une voix lit à sa place. Cette caméra coûte plus de 3.000 euros.

Il existe également des cannes blanches électronique, des systèmes GPS ou encore des bracelets ultrason. Le problème reste le même : ces objets sont à plusieurs centaines d’euros. Ces produits améliorent le quotidien de Philippe, mais pour lui il reste encore du progrès à faire.

Marie Taube