février 27

Julia Pereira De Sousa-Mabileau, les Jeux de la confirmation ?

4 ans après sa médaille d’argent, la française débarque à Pékin dans l’objectif d’un nouveau podium.

Mercredi 9 février, la snowboardeuse azuréenne Julia Pereira De Sousa-Mabileau part à la conquête d’une deuxième médaille olympique. Après une saison 2021 en demi-teinte, positif au bilan sportif (2 podiums en coupe du monde, une médaille de bronze aux mondiaux de snowboardcross par équipes avec Léo Le Blé Jaques ), mais très perturbée d’un point de vue physique (lésion partielle du ligament croisé antérieur du genou droit en octobre à l’entraînement), c’est une championne en questionnement qui arrive donc à Pékin. Après une reprise timorée à Krasnoïarsk (Russie) à l’occasion de la première manche de Coupe du monde 2022, Julia Pereira est en manque de repères au moment d’arriver dans le nid d’oiseau.

Autre conséquence de cette blessure : la snowboardeuse n’a pas pu fouler la piste officielle de Pékin, dévoilée en novembre 2021, contrairement à d’autres athlètes comme par exemple Chloé Trespeuch, autre figure de proue du snowboard féminin français.

Recréer la sensation

À Pyeongchang, alors âgée de 16 ans seulement, la jeune Julia Pereira De Sousa arrache la médaille d’argent lors de la finale de snowboard-cross. Pour ses premiers Jeux Olympiques, la benjamine de la sélection tricolore surprend son monde, tout d’abord en se hissant jusqu’en finale, puis en profitant d’un carambolage (chute à l’abord du dernier virage) pour devenir vice championne olympique derrière l’italienne Michela Moioli. À cette occasion, elle devient la plus jeune française médaillée aux Jeux Olympiques d’hiver.

La jeune adolescente, alors étudiante au lycée d’Albertville, décide d’arrêter ses études afin de se consacrer pleinement à sa carrière sportive. Depuis, toujours le même club, dans la station d’Isola 2000. Son entraîneur, Jérôme Choupin, décrit une « mordue de glisse, qui ne se voit pas vivre sans snowboard ».

Un objectif affirmé

Car le risque était là. Un talent brut, vif, qui explose aux yeux du monde très/trop tôt. Beaucoup d’experts redoutaient un déclin post-jeux bien trop fréquent chez les jeunes médaillés.

Et le revers de cette médaille d’argent, Julia l’a subie, pendant près de deux ans, incapable de sortir des qualifications lors de manches de Coupe du monde, des remises en question permanentes qui plombent le moral de l’athlète. Mais c’est l’amour de son sport, sa rage de vaincre mais aussi une indéniable prise de maturité (en témoigne sa candidature au poste de porte-drapeau pour la cérémonie d’ouverture) qui lui ont donné ce second souffle qu’elle peinait à obtenir. Désormais, et ce malgré une préparation tronquée, la jeune femme s’attaque aux Jeux Olympiques de Pékin avec pour ambition de se faire plaisir, mais aussi de ramener une nouvelle décoration dans sa valise, si possible d’un meilleur métal.

Gaspard Lagnel