Une année 2021 positive pour l’industrie du cinéma français

Les films français sortis en 2021 ont été mis à l’honneur lors de la cérémonie des César, le 25 février dernier. L’occasion de faire le bilan de cette année concernant les productions cinématographiques françaises, marquée par un retour en salle du public après des mois de fermeture et de restrictions.

Photo de Donald Tong sur Pexels.com

C’est un nouveau départ que s’est offert le cinéma français cette année. A la suite d’une année 2020 catastrophique pour le 7ème art et son industrie, les tournages ont repris et la fréquentation des salles obscures est repartie à la hausse. Malgré une année à nouveau rythmée par des restrictions gouvernementales, 96 millions d’entrées ont été comptabilisées, soit une augmentation de 47% par rapport à l’année précédente. Au vu de la situation sanitaire, les résultats sont satisfaisants, même s’ils sont loin des chiffres pré-COVID. Quant à lui, le mois de décembre était proche de la normale avec 20,4 millions d’entrées, contre 22,6 millions en 2019.

Les films français tiennent bon face aux américains

Outre de bons chiffres pour les salles de cinéma françaises, les films tricolores ont aussi su tirer leur épingle du jeu cette année. Ce sont près de 40 millions d’entrées enregistrées pour des films français, soit 40,8% de part de marché, en légère baisse par rapport à 2020. Pour le cinéma américain, ce sont 41 millions d’entrées et 42,4% de part de marché. Si le cinéma français se porte aussi bien face à son rival américain, c’est notamment grâce aux films sortis cette année.

Les Français ont développé un vrai engouement pour les productions nationales. En tête du classement des meilleures ventes françaises, « Kaamelott : Premier Volet » (2,7 millions d’entrées), suivi de « Bac Nord » (2,2 millions), « Les Tuche 4 » (2,0 millions) et « OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire » (1,6 million). Selon une association cannoise regroupant des cinéphiles, les longs-métrages ayant réalisé les meilleurs scores « sont ceux qui dépassent le cadre du cinéma pour faire rire, faire réfléchir, ou faire pleurer le spectateur ». C’est le cas pour « Bac Nord » sur la deuxième marche du podium, qui a suscité de vives polémiques et ravivé le débat autour des rapports entre policiers et « quartiers populaires ». « Qu’on le veuille ou non, ce film a su transmettre un message politique fort. Je pense que ce côté « réaliste » des événements décrits dans Bac Nord, a attiré le public et a su le faire réfléchir. Cela prouve que c’est un bon film, car il a su remettre les tensions dans les quartiers nord de Marseille au centre du débat », précise l’association de cinéphiles.

Succès également pour les comédies qui occupent deux des trois premières places du box-office français. Pourtant Maria, une adepte de cinéma de 18 ans, souligne que ce genre de long-métrage ne mobilise qu’une partie des spectateurs : « Lorsque l’on va voir un film français en salle, le public est très souvent âgé. C’est particulièrement vrai pour les comédies ». C’est un constat partagé par plusieurs gérants de cinémas qui déplorent une absence des jeunes, hormis pour les blockbusters américains.

Les Français au premier plan sur la scène mondiale

Au-delà des très bons résultats des films, le talent français s’est largement illustré à l’international cette année. De nombreux longs-métrages se sont appuyés sur des acteurs et réalisateurs francophones, de quoi promouvoir le savoir-faire tricolore à l’échelle planétaire. C’est le cas de « The Father », sorti en mai 2021, avec Florian Zeller à la réalisation et à l’écriture du scénario. Ce Français de 42 ans signe son deuxième film soutenu par casting ambitieux, avec notamment Anthony Hopkins et Olivia Colman. « The Father » a même remporté les Oscars du meilleur acteur pour Hopkins et du meilleur scénario original. Une fierté pour le réalisateur qui a dû essuyer de nombreux refus des producteurs avant de pouvoir tourner son film.

L’année 2021 a également été celle de la reconnaissance mondiale pour les acteurs français, et surtout des actrices, dans de nombreux longs-métrages. Marion Cotillard aux côtés d’Adam Driver dans « Annette » ; Camille Cotin donnant la réplique à Matt Damon dans « Stillwater » ; ou encore Léa Seydoux en « James Bond Girl » charismatique dans « Mourir peut attendre ». Elles ont toutes rejoint Hollywood, et participé au succès de ces films, largement plébiscités par le public en salle.

Une reconnaissance du milieu

Consécration : le cinéma français a été mis à l’honneur au Festival de Cannes, une référence dans le domaine. Dans la sélection officielle de 2021, huit films sur vingt-quatre étaient francophones dont « Benedetta », « France », « Tout s’est bien passé », ou encore « Les Intranquilles ». Une telle présence des longs-métrages français dans une cérémonie internationale est saluée par Mario, 54 ans et grand amateur de cinéma : « Chaque année, on espère que Cannes récompense de bons films français, et cette fois on a été servi [il rit]. Après, c’est dommage que le jury ne leur ait pas attribué plus de prix, mais rien que d’être dans leur sélection, c’est une vraie chance ». En revanche, une production n’a pas simplement fait de la figuration : « Titane » de Julia Ducournau a décroché la Palme d’Or. Un honneur pour la réalisatrice, qui est seulement la seconde femme à recevoir ce prix.

Ces bonnes performances économiques et artistiques du cinéma français laissent entrevoir une année 2022 tout aussi riche. C’est en tout cas l’espoir exprimé par tous les professionnels du secteur.

Killian Chapus