mars 17

Des débuts réussis pour The Batman

Le nouveau Batman et la nouvelle Catwoman ont répondu aux attentes des spectateurs – Télérama

The Batman commence très fort. Annoncé depuis trois ans, le film sur l’Homme Chauve-Souris a réalisé le meilleur démarrage de l’année 2022. Avec 257 546 entrées le jour de la sortie, le film rencontre déjà un franc succès. Le 2 mars, jour de sa sortie française, The Batman a rassemblé 38 % de part du marché. Et il ne sort que ce 4 mars aux Etats-Unis, pays du Chevalier Noir. À Cannes, la ville du festival, les spectateurs sortent ravis de leur séance : “J’avais des doutes sur Robert Pattinson, mais il m’a impressionné. On se demandait comment le réalisateur allait pouvoir montrer une rivalité avec un personnage antagoniste en se détachant du Joker, et c’est très réussi. Paul Dano est vraiment fort.” détaille Lucas, 22 ans. Un sentiment partagé par Jules, 18 ans : “J’ai trop aimé ! C’était dur de refaire un Batman après la trilogie de Nolan, donc forcément on était un peu perplexe, mais au final le rendu est super bon !”. Le succès du film auprès des spectateurs se ressent aussi en ligne. Sur Allo Ciné, site internet français de référence pour les passionnés de cinéma, The Batman cumule une moyenne de 4,3/5. Une réussite qui ne se limite pas à la France, puisque le film obtient même la note de 4,4/5 sur Letterboxd, une plateforme en ligne pour les cinéphiles. A titre de comparaison, le film le mieux noté de chaque plateforme (Forrest Gump et Parasite) atteint le total de 4,6/5.

“Un Batman seul, torturé et surtout violent”

Pour Victor Martin, critique cinéma et créateur d’un ciné-club, le film a réussi son pari : “On a enfin droit à un Batman néo-noir, dans une ville de Gotham puante et rongée de l’intérieur. Un Batman plus jeune, seul, torturé et surtout violent. La peur chez les bandits que suscite Batman est superbement ressentie dès les 10 premières minutes”. Une évolution du personnage principal réussie, qui n’altère pas pour autant le développement des autres personnages : “On a également droit à une adaptation de The Riddler excellente, extrêmement dérangeante même si elle est peu présente. Et Zoë Kravitz livre une très belle prestation en tant que Catwoman”. Au-delà de cette grande réussite dans l’utilisation des personnages, Victor Martin voit dans The Batman une œuvre complète à tous les niveaux : “Le film, malgré ses 3h, se déroule très bien, mêlant plusieurs intrigues très prenantes et nous proposant un grand panel de personnages, tous très bien interprétés. Le plus grand point fort du film est son aspect visuel. On est plongé dans un univers très sombre, avec une photographie soignée. Beaucoup de plans se révèlent marquants et surtout très beaux. The Batman est aussi rempli de références à d’autres films. On retrouve du Se7en, du Fenêtre sur cour, du Zodiac…”. Quand on en vient à la traditionnelle comparaison entre les différents films qui mettent à l’écran Batman, Victor Martin a déjà son petit avis : “C’est une réaction à chaud, mais pour moi The Batman est le meilleur film jamais réalisé sur le chevalier noir. C’est un chef d’œuvre qui dépasse pour moi The Dark Knight, là où Heath Ledger portait presque à lui seul le film. Ici le film est très bien mené à la fois par Paul Dano et Robert Pattinson, qui nous proposent l’adaptation rêvée du chevalier noir. Ils forment par exemple une bien meilleure rivalité que celle entre Keaton et Nicholson”.

Un pari réussi

Si les premières critiques sont dithyrambiques, ce nouveau film sur le Chevalier Noir était un réel défi. À l’époque de la multiplication des productions sur les super-héros, réaliser un autre film sur le personnage qui habite Gotham City pouvait mener à une indigestion auprès du public. La surabondance de productions Marvel avec des films toujours plus similaires les uns par rapport aux autres laissait planer une certaine lassitude chez certains. L’association entre Zack Snyder et Ben Affleck n’était par ailleurs pas une franche réussite pour DC Comics ces dernières années. Passer dix ans après l’immense succès de The Dark Knight Rises et de la trilogie de Christopher Nolan n’était pas chose aisée non plus. À la manière du Joker de Todd Philipps, Matt Reeves tente avec The Batman de s’extirper du simple film de super-héros. Le réalisateur s’était mis en tête de se démarquer de toutes les autres productions sur l’Homme Chauve-Souris : “le but est de signer un film Batman différent de ceux qui l’ont précédé, avec des enjeux émotionnels inédits”. Très obscur, le rendu fait presque plus penser à un film noir qu’à un film de super héroïne. C’est cette dimension morose axée sur la vengeance qui fait toute l’identité du film. Dans une période de pandémie et de tensions mondiales, The Batman met en scène une réalité toujours plus sombre.

Edouard Hautbois