avril 05

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Réseaux sociaux: l’évangélisation 2.0

Depuis le début de la pandémie, Internet est devenu la nouvelle terre de mission des ecclésiastiques. Une démarche appréciée et expliquée par le frère Paul Adrien

Crédit: Adobe stock

“Jusqu’à quelle limite peut-on pardonner ? ”, “Êtes-vous un prêtre, sinon quelle est la différence ?”, “Pourriez-vous expliquer les mystères et comment prier ? ” Face à la caméra de son smartphone, le frère dominicain Paul Adrien d’Hardemare, 40 ans, essaie d’apporter des réponses aux interrogations des internautes. Actif sur Tik Tok et YouTube, il partage régulièrement, depuis le couvent d’Evry-Courcouronnes, des vidéos dans lesquelles il parle de foi. Une initiative que le membre de l’ordre des moines dominicains a prise après différentes missions d’évangélisation : « Je me suis lancé dans les plateformes parce que j’avais essayé l’évangélisation de rue avec de la guitare. J’avais essayé de donner un coup de pouce aux prêtres dans les paroisses et puis finalement, c’est dans la vidéo que ça a le plus marché.”

Avec en fond sonore des musiques urbaines tendance, les ecclésiastiques rivalisent d’originalité sur Tik Tok. L’application chinoise cumule aujourd’hui plus de 3 milliards de téléchargements. Une mine d’or pour les religieux soucieux de répandre la Bonne Nouvelle auprès du jeune public. Des curés aux frères dominicains ou encore franciscains, ils sont nombreux à se lancer sur les réseaux. Une initiative que le frère dominicain aimerait voir s’étendre à d’autres catégories : « Je pense que les confrères qui se lancent dans les réseaux, c’est bien, et même qu’il n’y en a pas assez. J’aimerais aussi qu’il y ait des bonnes sœurs qui s’y mettent.”

Une communication parfois mal maîtrisée

Il arrive que les propos de certains prêtres fassent polémique. C’est le cas de Matthieu Jasseron, le curé le plus suivi sur l’application avec près d’un million d’abonnés. Ce prêtre de l’Yonne a provoqué l’ire d’une partie de sa communauté en prétendant que, d’après la Bible, l’homosexualité n’était pas un péché. Selon Paul Adrien, ce serait une simple erreur de communication : « Ça peut arriver que de temps en temps des prêtres, par maladresse ou par ignorance, disent des choses inexactes. Moi-même ça peut m’arriver.”

Des maladresses qui peuvent souvent porter préjudice et qu’il faut dans la mesure du possible éviter ajoute-t-il : “J’ai quand même un frère, docteur en théologie, qui m’aide et relit ce que je fais surtout quand il y a des sujets délicats. Donc quand il y a des sujets délicats, il est indispensable d’avoir une expertise théologique pour vous aider à vous relire.”

Sur la question de savoir si les hommes d’Église doivent être sur les réseaux, les avis sont partagés. Mais pour la majorité cela reste un très bon moyen de parler du Christ. Une perche pour atteindre les personnes qui se sont éloignées de l’Eglise. Une porte facile à franchir pour ceux qui n’osent pas entrer dans une église parce que c’est pesant psychologiquement.

Marie Claire Diouf