Quand sport et écologie s’allient pour ne faire qu’un

Vélo, automobile, football… Les évènements sportifs sont connus pour être fédérateur réunificateur depuis des siècles. Partout à travers le monde, le sport influence nos vies, nos comportements, notre économie et même nos relations sociales. Pourtant, ces évènements sportifs sont aussi symboles d’impacts considérables sur le climat. À l’heure d’une prise de conscience collective sur l’état de notre planète, il semble essentiel que toutes les organisations sportives se réinventent et concentrent leurs actions autour de l’« écologie ». Le but étant de se mettre au service de notre nature. Plusieurs enseignes ont d’ailleurs commencé à capitaliser de bonnes actions afin d’établir une pratique du sport responsable.

Tour de France

Le Tour de France, c’est le troisième plus grand événement sportif au monde et c’est plus de 3,5 milliards de téléspectateurs cumulés. Son ambiance estivale et festive séduit à l’international. Mais derrière ce tableau coloré, une lourde empreinte écologique qui rebute certaines ONG.

Trier ses déchets lors du Tour de France ©A. S.O. / Hervé Tarrieu

Part de l’identité de la course, la caravane publicitaire distribue chaque année 18 millions de goodies. Depuis deux ans l’utilisation de plastique à usage unique a été proscrit dans le cortège publicitaire, excepté pour les produits alimentaires. Du côté du tri sélectif, quelques 100 000 sacs de tri de différentes couleurs sont distribués tout au long des 24 étapes : “Sur les villes-étapes, on compte environ 3 tonnes de déchets collectés à chaque fois et entre 50 et 55 % partent au recyclage » affirme Karine Bozzacchi du département RSE de Amaury Sport Organisation (ASO). La société organisatrice du Tour de France est également engagée dans un partenariat avec le collectif Les connexions, responsable de la collecte de déchets dans les espaces chargés d’accueillir du public et des professionnels (espaces invités, VIP, espace presse…). Un atelier autour du tri sélectif est aussi dispensé en début du Tour de France aux “suiveurs du Tour” (journalistes, caravaniers, personnels de sécurité, logistique…) afin de les sensibiliser et rendre plus efficace les neufs coordinateurs environnement missionnés, entre autres, pour diffuser des messages autour de l’écologie.

Comment insérer le Tour dans son environnement

Une course cycliste d’une telle ampleur, c’est aussi la mise en péril de plusieurs sites naturels français, qui font face au passage des coureurs et des hélicoptères chargés de la transmission des images de course. Les zones ainsi décrétées “Natura 2000” (espaces naturels et remarquables classés au niveau européen) et traversées par la Grande Boucle sont restreintes d’accès pour les spectateurs, et le minimum d’hélicoptères y sont admis. En 2020, l’organisation ASO a inauguré ces premiers tests avec des véhicules de course hybrides. Depuis 2019, le sponsor Enedis est équipé en voitures Tesla, entièrement électriques. Des essais sont aussi réalisés avec des camions logistiques roulant au GPL, carburant qui n’émet quasiment pas de particules fines, au contraire du diesel et de l’essence.

Cette célèbre course illustre bien la difficulté à gérer les effets environnementaux d’événements sportifs majeurs. Pour les élus EELV rennais, le Tour de France est une “course qui a eu son temps, mais qui peine à se renouveler.” Cette année, avec un départ au Danemark et deux transferts en avion, pas sûr que le Tour arrive cette année encore à se défaire de son image.

Pour la décennie à venir, la formule 1 doit se réinventer

Contrairement au cyclisme, la pratique du sport automobile est intrinsèquement polluante. En Formule 1, vingt voitures équipées de moteurs aux centaines de chevaux, avancent sur des pneus à usage presque unique et laissent plusieurs kilos de gomme polluante sur la piste . Étant donné da récente ouverture à un public plus jeune et donc plus engagé dans la cause climatique, la FIA (Fédération Internationale d’Automobile) a annoncé vouloir rendre la F1 neutre en carbone pour 2050.

Encourager l’innovation pour contrer la crise climatique ©ABB FIA Formula E World Championship

La première mesure pour y arriver a commencé dès 2014, avec l’arrivée des premiers moteurs V6 hybrides (citation) . Depuis le début de saison, le mix carburant a changé, pour laisser 10 % de bio éthanol (contre 5,75 % en 2021). Ces deux innovations iront encore plus loin en 2026, puisqu’aura lieu une reforme moteur, sensée pousser plus loin la « sobriété » écologique de ce dernier, et amener la part de biocarburant à 100 %. Pas de Formule 1 100 % électrique pour autant, étant donné que la Formule E a signé en 2014 pour une exclusivité de 25 ans sur les monoplaces électriques (jusqu’en 2029). Une autre innovation existe cependant concernant les pneus Pirelli depuis 10 ans. Ceux-ci laissent des kilos de gomme chargée de particules fines sur la piste, mais sont récupérés, puis recyclés. Brulés à 1400 degrés, ils servent ensuite à fabriquer du ciment. Mais comme pour le cyclisme, ce n’est pas la pratique sportive de la F1 qui pollue le plus (0,7 % seulement de toute la pollution générée par la F1), mais bien la logistique qui l’entoure. Le déplacement des équipes et du matériel à travers le monde représente le plus grand impact.

L’AS Monaco met en place un service de covoiturage pour ses supporters

Le club de la Principauté fait un pas écologique conséquent dans le monde du sport. Grâce à une toute nouvelle plateforme, elle va permettre à ses supporters de covoiturer pour se rendre aux matches et donc réduire leur empreinte carbone.

MuneGo, le site internet de covoiturage lancé par l’AS Monaco pour ses supporters ©Capture d’écran

En partenariat avec StadiumGO , le club de la Principauté a récemment fait connaître son nouveau portail de covoiturage, appelé MuneGo. Il s’agit d’une plateforme dédiée au covoiturage pour les nombreux supporters de l’AS Monaco. Et ceux, partout en France. Se rendre au Stade Louis II en covoiturage est dorénavant plus accessible et plus pratique !
L’objectif de la plateforme est avant tout de favoriser l’attitude éco-responsable des supporters monégasques, tout en leur permettant d’effectuer des économies. Pratiquer le covoiturage offre également la possibilité d’être accompagné par d’autres fans du club. Un concept qui diffère des applis généralistes traditionnelles, qui, elles, ne suggèrent pas autant d’affinités entre supporters.

L’accès peut se réaliser directement sur l’appli du club monégasque ou sur le site Internet. En quelques clics, il est possible de réserver son trajet partagé pour prêter main forte à l’AS Monaco, à l’occasion de leurs matches à domicile comme à l’extérieur. Le club du Rocher est justement l’une des équipes les plus suivies en Ligue 1.
Et même si la foule supportrice n’est pas toujours au rendez-vous lors des matches à domicile, les admirateurs parés de rouge et de blanc sont bien présents chez leurs adversaires .
Venant des quatre coins de la France, les supporters remplissent régulièrement le parcage (zone) qui leur est réservé.

Pour contrer le faible taux de remplissage du Stade Louis II et inciter ses fans à profiter de MuneGo, l’AS Monaco compte réserver et offrir une place de stationnement au parking du stade à tous les véhicules de supporters covoitureurs.

L’équipe du projet EKOLO

Lucas Métairie, Roxane Volclair, Océane Boisseleau, Jeanne Bienvenu et Jade Sadmi