Liftoff! La mission Artemis-1 prend (enfin) son envol

Repoussée à plusieurs reprises, la mission fait office de répétition générale avant le retour de l’homme sur la Lune prévu en 2025.

Avec ses 3 000 tonnes au décollage, ce ne sont pas moins de quatre moteurs RS-25 et huit moteurs répartis entre les boosters à poudre qui arrachent la fusée SLS de la gravité terrestre. Photo : Kevin Dietsch/Getty Images via AFP

C’est propulsé par le nouveau mégalanceur SLS que la capsule Orion s’est arrachée du sol depuis le pas de tir 39B du Centre spatial Kennedy en Floride, mercredi 16 novembre à 01 h 47 (heure locale). Sans spationautes à son bord, la mission fait office de répétition générale cinquante ans après la mission Apollo 11. Près de 100 000 personnes étaient attendues pour assister au spectacle depuis les plages environnantes, malgré l’heure tardive.

Une mission de tous les records

Après deux reports au cours de l’été, le 29 août puis le 3 septembre, les ingénieurs de la NASA ont finalement donné le feu vert au monstre de métal. Dans un rugissement d’enfer, la fusée la plus puissante du monde a décollé. Le but de la mission est justement de vérifier que le vaisseau atteindra la Lune et en reviendra sans encombre. Mais cette première étape pour la géante de 111 mètres de haut, en développement depuis plus d’une décennie, représente d’ores et déjà un réel succès pour la NASA.

Une heure et demie après le décollage, la capsule Orion a subi « l’injection translunaire ». Les moteurs se sont allumés pour une dernière poussée ultra-puissante. L’engin spatial arrivera le 25 novembre autour de la Lune. L’orbite sera à la fois très excentrique et très large puisque la capsule s’approchera à moins de 100 km de la surface avant de s’éloigner à 64 000 km. Une particularité qui mènera Orion plus loin dans l’espace qu’aucun autre vaisseau habitable avant lui.

L’odyssée durera 25 jours avant que la capsule ne retourne dans l’atmosphère terrestre à la vitesse fulgurante de 40 000 km/h. L’occasion de tester le bouclier thermique comme tous les systèmes de survie au cours de ce voyage de près de deux millions de kilomètres. Le plus long jamais effectué par un vaisseau capable d’accueillir des humains.

Poser à nouveau le pied sur la Lune en 2025

Si tout se déroule selon les plans de la NASA, Artemis-2 succédera à Artemis-1 courant 2024. Cette fois-ci, quatre spationautes embarqueront. La composition de l’équipage doit être annoncée d’ici la fin de l’année et l’agence spatiale américaine a déjà confirmé qu’un Canadien sera de la partie. Cependant, cette deuxième mission n’effectuera qu’un survol de la Lune : sans orbite ni alunissage.

C’est en 2025 qu’Artemis-3 emmènera des spationautes — à priori un homme et une femme — sur la surface lunaire. Le calendrier devrait subir des retards : un audit de l’inspecteur général de la NASA met en cause la conception des nouvelles combinaisons spatiales et de l’atterrisseur : le Human Landing System (HLS). Ce dernier dépendra du lanceur Starphip développé par Space X à la faveur d’un contrat de 2,9 milliards de dollars. D’une puissance encore supérieure au SLS, le monstre d’acier et l’atterrisseur sont encore en phase de conception : cantonnés à des vols suborbitaux. L’humanité ne devrait donc pas poser de nouvelles empreintes sur la Lune avant 2026.

Victor Letisse–Pillon