novembre 02

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Un concert de Bastard

          Détonant ! En concert jeudi 25 octobre à Nice, Skip the Use a offert un spectacle de folie au Palais Nikaia. Dans une ambiance survoltée, la furieuse bande nordiste a plus que justifié son ascension fulgurante. Avec un album – Can Be Late – sorti en début d’année et déjà disque d’or, et emmené par un Mat Bastard des plus bondissants, STU est bel et bien le groupe français du moment.

Une fois n’est pas coutume, la première partie assurée par le groupe local The Kitchies est à la hauteur du formidable show qu’elle précède. Comme leurs aînés, les quatre jeunes Niçois chantent en anglais, et ont le mérite de chauffer la salle. Rock électro aux influences british, leader charismatique et chouchou de ces dames, musiciens talentueux : le mélange est savoureux. Les fans les plus inconditionnels l’auront sans doute remarqué, mais Jonathan, Jérémy, Yannick et Florent étaient déjà présents aux côtés de Skip the Use lors de la Crazy Week, cet été à Nice. Passons.

Il est un peu plus de 21h quand les cinq acolytes pénètrent sur scène. Tout de suite, le leader du groupe y va de sa petite blague : « On nous a dit de ne pas se planter entre Nice et Cannes, apparemment vous ne les aimez pas trop ». Les cris des fans de la ville éteignent ceux de la poignée de Cannois présents, beaux joueurs malgré tout. Et sans attendre, les Lillois démarrent avec Give me your life, tube déjà culte et entonné en mai dernier sur le plateau du Grand Journal… à Cannes. Les sons s’enchaînent, la salle pleine à craquer est dans un état second, le groupe aussi. Chaleur insoutenable oblige, le surexcité Mat Bastard et deux de ses musiciens tout aussi déchaînés font tomber le haut. Une habitude. Plus rare, deux soutiens-gorge atterrissent sur les planches, de quoi faire monter encore un peu plus la température !

Cinq colosses à la Une

Après avoir dédicacé une chanson à Jean-Jacques Goldman, puis une autre au « plus célèbre des Français » Dominique Strauss-Kahn, Skip the Use entend remuer son public, déjà en pleine exaltation : « A mon top, tous ceux qui sont à ma droite passent à ma gauche, puis tous ceux qui sont à ma gauche passent à ma droite ». L’énergie déployée est impressionnante, et la communion est totale. Mat B. implique au maximum les quelques milliers de fans : il les fait s’assoir, se relever, lever les bras en l’air, chanter, crier… Tous les standards des concerts de rock y passent, et c’est diablement efficace. People in the shadow, She’s my Lady, PIL, Ghost : tous ou presque connaissent les chansons de l’album par cœur. Il faut dire qu’il y en a pour tous les goûts : les sonorités, tantôt rock, tantôt plus punk ou électro, se marient parfaitement avec le groove exceptionnel du chanteur.

Et au fur et à mesure que le show avance, le groupe continue d’augmenter la cadence ! Sur une autre planète, son leader ne cesse de gesticuler, court dans tous les sens, bondit, traverse la scène et crie, toujours plus fort.  A peine le temps de s’enfiler deux-trois gorgées d’eau que ça repart déjà de plus belle : « Bon là, c’était la partie tranquille du concert, vous êtes prêts à foutre le bordel maintenant ? » La foule n’en attendait pas tant, elle explose. On pensait avoir atteint le summum de l’excitation, mais voilà que Matt, Jay, Yann, Lio et Manamax enchaînent sur des rythmes encore plus rock. Une heure plus tôt, ils avaient invité leurs fans à partager un concert « dégueulasse » et à faire les « connards ». Pas de doute, c’est réussi.

Yann Soudé
Clara Carlesimo