« Mélodie en sous-sol » fête ses 40 ans !

Film made in Cannes, Mélodie en sous-sol a été réalisé à l’été 1963. Avec à l’affiche deux monstres du cinéma, Jean Gabin et Alain Delon, le film a été un large succès, avec plus de 3,5 millions d’entrées en France et des millions d’autres dans le monde entier. Outre un scénario particulièrement soigné, Mélodie en sous-sol constitue une belle promotion pour la cité cannoise. Coup de projecteur sur les secrets du tournage.

A peine sorti de prison, Charles (Jean Gabin), un truand à la retraite, refuse de s’acheter une bonne conduite. Il décide même de monter un gros casse… Le cambriolage du casino Palm Beach de Cannes. Pour mener à bien ce projet, Charles aura à ses côtés Francis (Alain Delon), un jeune voyou sans scrupules et Louis (Maurice Biraud), beau-frère de celui-ci. Chacun aura un rôle bien défini : Charles surveillera les salles du casino, Francis utilisera ses charmes pour visiter les coulisses du lieu et Louis sera le chauffeur des deux compères…

Jean Gabin face à Alain Delon, deux monstres sacrés du cinéma français réunis dans un même film. D.R.

Jean Gabin face à Alain Delon, deux monstres sacrés du cinéma français réunis dans un même film. D.R.

A l’origine, Henri Verneuil et Michel Audiard avaient en tête de faire tourner Jean Gabin dans un film d’aventure sur les colonies en Orient ou en Afrique. Ensuite, l’équipe du film s’est plutôt tournée vers un film de braquage dont l’action était supposée se dérouler à Deauville. Finalement, changement de décor : c’est au Palm Beach de Cannes que le fameux casse du film a été tourné. Mélodie en sous-sol est le quatrième film que Jean Gabin et Henri Verneuil ont tourné ensemble après Des gens sans importance (1955), Le Président (1961) et Un singe en hiver (1962). Ils se retrouveront en 1969 dans Le Clan des Siciliens qui signera également les retrouvailles des deux hommes avec Alain Delon.

Alain Delon et Cannes, une histoire d'amour qui débute lors du tournage. D.R.

Alain Delon et Cannes, une histoire d’amour qui débute lors du tournage. D.R.

Trintignant plutôt que Delon

Acteur internationalement reconnu, Alain Delon voulait améliorer sa cote de popularité auprès du public français, qui lui préférait à l’époque Jean-Paul Belmondo. La réussite d’ Un singe en hiver que son « concurrent » avait tourné l’année précédente avec Jean Gabin et Henri Verneuil fut donc l’une des raisons de sa volonté de participer à Mélodie en sous-sol. Alors qu’à l’origine, le choix des producteurs pour le rôle de Francis Verlot s’était porté sur Jean-Louis Trintignant, la Metro-Goldwyn-Mayer, refusait d’engager Alain Delon, Jean Gabin leur suffisant alors comme tête d’affiche. Mais comme l’acteur tenait particulièrement au projet, il renonça à son cachet et proposa de jouer dans le film en échange des droits sur le Japon, l’URSS et l’Argentine. Belle inspiration puisque le film fut un succès international et qu’il lui rapporta de quoi largement compenser son manque à gagner initial.

Alain Delon et Jean Gabin éprouvaient l’un pour l’autre une très grande affection. Au point que les deux hommes se redonneront la réplique dans Le Clan des Siciliens(1969) du même Henri Verneuil et Deux hommes dans la ville (1973) de José Giovanni.  Autre curiosité du film, on trouve dans son générique deux brillants assistants-réalisateurs, Claude Pinoteau et Costa-Gavras, qui feront respectivement leurs preuves derrière la caméra avec La Gifle (1974) et Z (1967), deux autres succès du cinéma français.

Simon Hue