Eurobasket 2015 : Evan Fournier, « Un rêve brisé »

Après la défaite face à l’Espagne en demi-finale, le rêve de gagner cet euro devant le public français s’est brisé. Retour sur un match gagné par un seul homme : Pau Gasol.

L’Euro 2015 de basketball s’est terminé dimanche dernier. Les coéquipiers de Tony Parker n’ont pas réussi à conserver leur titre devant leur public. Et pourtant cette équipe était pleine de promesses. Après une phase de poule mitigée, les tricolores s’étaient ressaisis lors des matchs à élimination directe. Les huitièmes de finales n’ont été qu’une formalité face à une équipe de Turquie impuissante (76-53) et les Lettons, même s’ils ont bien résisté (40-38 à la mi-temps), ont fini par céder eux aussi (84-70).

Parker

Avec 10 points à 4/17 aux tirs, 4 rebonds, 6 passes décisives et 3 pertes de balles, Tony Parker est passé à côté de sa demi-finale. Crédit Photo : AFP.

Un match sous tension

Les Bleus et la Roja devaient s’affronter pour obtenir une place en finale. Le match promettait d’être électrique. Au cours des dernières années, la rivalité entre les deux équipes s’est accentuée au fur et à mesure que les mauvais gestes se succédaient. Deux petits exemples en images :

 

 

 

Les Espagnols se présentaient sans plusieurs éléments majeurs de leur équipe (Ricky Rubio, José Calderon, Marc Gasol, Juan Carlos Navarro) mais pouvaient compter depuis le début du tournoi sur un Pau Gasol inarrêtable (finalement nommé MVP, most valuable player, du tournoi avec 25,6 points et 8,4 rebonds par match).

La France partait favorite et la plupart des supporters rêvaient déjà d’une finale France-Serbie, remake de la demi-finale de la Coupe du monde 2014 remportée 90-85 par les Serbes. Sauf que tout ne s’est pas passé comme prévu.

La première mi-temps laissait pourtant espérer une autre issue à ce match couperet. La rencontre était serrée (33-32 pour les Français) mais semblait globalement maîtrisée par l’équipe de France. Condition nécessaire à la victoire, Rudy Gobert (4 points, 7 rebonds) a bien limité Pau Gasol (13 points et 3 rebonds).

Le troisième quart-temps a été à sens unique pour les coéquipiers de Tony Parker. Grâce à Nicolas Batum, enfin à son niveau, qui enchaîne les interceptions et règle la mire, la France compte jusqu’à 11 points d’avance (51-42 à la 28ème). Joffrey Lauvergne, une nouvelle fois très précieux de par son énergie et son adresse (5/7 aux tirs sur le match), ajoutait un nouveau panier en toute fin de quart-temps (56-48).

Une pression trop forte

 Le début du quatrième quart marque le début du money-time. Avec Diaw et Parker, les tricolores ont des joueurs d’expérience, connus pour être décisifs dans ces moments-là. Mais les deux leaders des Bleus ne sont pas dans le match. Il faut un trois points de Batum et un énorme contre de Rudy Gobert sur Gasol à une seconde de la fin pour arracher la prolongation (66-66).

Mais les 5 minutes de sursis ne suffiront pas. Les 3 ratés de Nicolas Batum aux lancers francs à 10 secondes de la fin enterreront les espoirs français.

Gasol

Avec 3 contres, Pau Gasol a aussi pesé dans un domaine où on l’attend moins : la défense.

Une défaite crève-cœur

 La France a donc été éliminée devant son public par son grand rival espagnol. Interrogés après la rencontre, les joueurs français ont mis en cause deux hommes : les arbitres. De Gobert à Vincent Collet, le coach, tous ont estimé que la prestation des hommes en noir avait été décisive dans la défaite.

En réagissant ainsi, le clan tricolore se voile la face. Certes, une faute offensive aurait dû être sifflée en prolongation sur Lauvergne. Gasol a, c’est vrai, tenté plus de lancers francs que toute l’équipe de France réunie (18 contre 17). Mais la principale différence est, en réalité, que l’Espagnol est parvenu à en rentrer 16, contre 10 pour les Français.

Tony Parker et ses coéquipiers ont laissé échapper un match qu’ils avaient pourtant en main. 7 points d’avance à 5 minutes de la fin. Cela aurait dû suffire. Même avec un Parker maladroit en attaque et fantomatique en défense. Symbole de ce manque de concentration, la défense de Nicolas Batum à la fin du 4ème quart-temps.

 

Le coaching de Vincent Collet a parfois aussi été un peu étonnant. Charles Kahudi, le meilleur défenseur français, aurait sûrement dû avoir sa chance pour ralentir Sergio Rodriguez et Gobert aurait peut-être apprécié que Michaël Pietrus l’aide à contenir Gasol. Lauvergne et Gélabale, malgré leur bonne rentrée, n’ont pas eu assez de temps de jeu pour peser sur le match (15 et 17 minutes). De Colo, encore très performant (14 points à 50%, 4 rebonds et 3 passes) aurait peut-être pu sauver la France s’il avait touché plus de ballons à la fin du match.

La défaite a été dure à avaler mais l’équipe de France a tout de même réussi à se relever pour obtenir une médaille de bronze devant son public. Le plus important à partir de maintenant est de se qualifier pour les Jeux olympiques. Seuls les deux finalistes sont qualifiés directement. Les coéquipiers de Tony Parker devront passer par un TQO (Tournoi de qualification olympique) pour espérer participer à la compétition. Il faudra qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes pour que Tony Parker, qui prendra sa retraite après les Jeux olympiques 2016, ne parte sur un échec cuisant.

Wilhem Lelandais-Foyer