Raqqa est la cible de la réponse « impitoyable » de François Hollande

Quelques jours après les attentats de Paris, la France a mené une série de bombardements sur la capitale de l’Etat islamique. Aidée par la coalition internationale, et récemment par la Russie, la réponse « impitoyable » promise par François Hollande commence à prendre forme.

Dimanche 15 novembre, douze avions français, dont dix chasseurs, décollent de Jordanie et des Emirats arabes unis. Vers 20 heures, ils survolent Raqqa, la  »capitale » de l’Etat islamique. Vingt bombes sont lâchées sur des infrastructures du califat. D’après un communiqué de l’armée, un poste de commandement (PC) et un site industriel inachevé ont été détruits. Le PC était utilisé comme « centre de recrutement djihadiste, et dépôt d’armes et de munitions ». Le deuxième objectif était une infrastructure industrielle inachevée, abritant « un camp d’entraînement terroriste et des cellules de recrutement ».

Cette riposte aux attentats du 13 novembre sonne d’abord comme une démonstration de force. Avec un déploiement de dix de ses chasseurs (sur douze) la France a « engagé la quasi-totalité de ses moyens », indiquait l’ancien colonel Michel Goya au quotidien 20 minutes.

Dix avions Rafale ont décollé des bases françaises en Jordanie et aux Emirats arabes unis. (Crédit : Twitter de défense.gouv) 

Dix avions Rafale ont décollé des bases françaises en Jordanie et aux Emirats arabes unis. (Crédit : Twitter de défense.gouv)

En dehors des infrastructures qui ont été détruites, l’impact des premiers bombardements, 48 heures après les attentats, est limité. Les membres de l’Etat islamique ont largement pu anticiper la riposte (prévisible) de la France. Un collectif nommé Raqqa is being slaughtered silently (Raqqa est massacrée en silence), composé de cyber-activistes, rend compte sur les réseaux sociaux de la situation dans la capitale de l’Etat islamique. D’après un membre du collectif,  interviewé dans un article de Vice news, les djihadistes ont évacué de « grandes parties de la ville » avant l’arrivée des avions.

Raqqa a été la première ville d'importance prise par l'Etat islamique. (Crédit : Google map)

Raqqa a été la première ville d’importance prise par l’Etat islamique. (Crédit : Google map)

Dans la nuit de lundi à mardi, d’autres bombardements français ont eu lieu sur la capitale. Dix chasseurs ont détruit un centre d’entraînement et un centre de commandement à l’aide de seize bombes. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) annonçait mercredi à l’AFP que 33 djihadistes étaient morts dans les bombardements de dimanche, lundi et mardi.

D’après le collectif Raqqa, qui cite lui-même les hôpitaux de la ville, il n’y aurait pas encore eu de pertes civiles. De son côté, l’OSDH a fait état d’au moins un mort civil dimanche.

Vers une coalition avec la Russie

Mardi, la Russie a tiré des missiles de croisière sur Raqqa. Le même jour, la Russie avait validé la thèse de l’attentat dans le crash d’avion du 31 octobre en Egypte. Le vol A321 transportait 224 passagers. Personne n’a survécu. Le porte avion Charles-de-Gaulle, escorté de plusieurs bâtiments, a quitté le port de Toulon mercredi pour la Méditerranée orientale. Vladimir Poutine a ordonné à ses navires de rentrer en « contact direct » et de  « coopérer avec les alliés » français. Les 26 avions à bord, Rafales et Super Etendard confondus, seront-ils jugés suffisamment « impitoyables » par le Président ? Le 16 novembre, la France n’avait effectué que 287 frappes contre l’Etat islamique, sur un total de… 8 300.

Guillaume Soudat

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