janvier 25

Les dons aux Restos du Cœur déclinent

Les Restos du Cœur des Alpes Maritimes font face à une baisse de donations.

La direction des Restos du Cœur espère que la baisse des dons n’aura pas de conséquences directes dans les centres régionaux tel que celui de Cannes.

Des besoins qui s’amplifient et des ressources qui continuent de faiblir. Au Resto du Coeur de Cannes, depuis deux saisons, la diminution des dons inquiète les bénévoles. Joël Meynent, président de l’association de la région Alpes Maritimes, rapporte qu’il y a une baisse des dons par rapport à l’année dernière. D’après lui, cela s’explique par la hausse de la CSG « car ce sont les retraités qui donnent le plus ». Joël Meynent considère aussi que la suppression de l’ISF (Impôt Sur la Fortune) est une des causes possible. Jusqu’à l’année dernière, les dons aux associations reconnues d’utilité publique permettaient de réduire l’impôt sur la grande fortune avec une défiscalisation de l’ordre de 75% dans une limite de 50 000 euros. Le nombre d’assujettis ayant chuté de plus de la moitié lors de la transition et du changement des règles d’imposition, le nombre de probables donateurs a lui aussi drastiquement diminué.

Dans les centres de la région l’effet de cette baisse n’est pas significative car pour le moment elle est compensée par les réserves nationales. Mais sur le long terme, Joël Meynent s’inquiète de ne pas pouvoir maintenir « les missions qui sont les nôtres telles que les cours de français, le soutien scolaire, la réinsertion, l’aide à l’emploi ». Si la baisse des dons perdure, cela pourra avoir des conséquences, « ce sera de plus en plus difficile, il ne faut pas s’alarmer mais y réfléchir quand même ».

« Il est difficile de tenir jusqu’à la fin de la période hivernale en mars »

Sur les trottoirs de la rue des Halles, hommes et femmes attendent l’ouverture de l’association. Cette quarantaine de personnes viennent ici trouver des denrées, des vêtements et un soutien moral et administratif. Tout au long de l’après-midi et trois fois par semaine, les bénévoles accueillent, aident et conseillent. « Il y a une baisse certaine, avec de moins en moins de choix dans les produits proposés » témoigne Marie*, son cabas à la main, qui vient chaque semaine depuis trois ans. Malgré tout, elle tient à mettre en valeur le travail réalisé par les bénévoles pour combler ce manque. Cathy, une des trois responsables de ce centre, ressent également ce manque de dons depuis deux ans : « il est difficile de tenir jusqu’à la fin de la période hivernale en mars ». Pour faire face à la recrudescence de demandeurs « au nombre de 154 familles » elle prévoit une campagne hivernale de collecte dans les supermarchés cannois. L’association espère tout de même un regain de soutien avant le fin de la période hivernale.

*Le prénom a été modifié à la demande du témoin.

Clara Monnoyeur & Charlotte Quéruel