La SPA, ou comment survivre aux scandales

Fondée en 1845, la société protectrice des animaux est historiquement en France, la première des sociétés de protection des animaux, qui œuvre dans le domaine de la protection animale. Depuis des années, la SPA essuie bon nombre de scandales et polémiques. Pourtant, l’association retombe toujours sur ses pattes.

Euthanasies excessives. Critiques émanant d’anciens bénévoles. Suspicion de corruption. Rémi Gaillard enfermé dans une cage à Villeneuve-Lès-Maguelone. Il y a eu moult débats autour de la SPA depuis le début de ce millénaire. Plus virulentes les unes que les autres, les SPA en France parviennent malgré tout à survivre face aux nombreuses critiques auxquelles elles ont fait face. Bon communicants ou simplement primordiales, les SPA de France ont toujours réussi à survivre. Aujourd’hui, ces centres sont des incontournables pour ceux qui veulent adopter un chien ou un chat.

« Ils sauvent la vie des animaux errants »

Si les SPA parviennent à survivre, c’est tout d’abord grâce au soutien des personnes qui viennent adopter dans les centres. C’est à l’image de Muriel, 45 ans, qui a adopté son chien à la SPA il y a cinq ans : « je ne voulais pas prendre en élevage car je savais qu’il y avait de nombreux chiens qui avaient besoin d’un foyer ». Cinq ans après cette décision, elle ne regrette absolument pas son choix : « aujourd’hui, Maya vit une vie paisible à la maison ». Quand on lui parle des nombreuses polémiques auxquelles ont fait face les SPA, elle insiste sur le fait qu’« ils sauvent la vie des animaux errants. On ne peut pas non plus leur demander d’être parfait ».
Même constat chez Mélanie, 22 ans, qui a adopté tout récent un chat dans la SPA de sa ville, Nice. Elle a longtemps hésité et a finalement décidé de faire le premier pas. Malgré de lourdes démarches, elle ne s’est pas décourager. « La SPA prend toutes les précautions pour que l’animal se retrouve dans une bonne famille. Ils ne veulent pas que le chien ou le chat se retrouve à la rue seulement quelques mois, voire quelques jours après son adoption ». Elle s’estime heureuse d’avoir fait ce choix, et est ravie d’avoir pu sauver un animal de cette façon.

La SPA, unie face aux accusations

« Après enquête sur les euthanasies, je me demande si la mère Michel n’habitait pas à côté de la SPA de Montpellier », écrit Rémi Gaillard le 17 janvier sur son compte Twitter, ou « Je ne dis pas que la SPA de Montpellier maltraite les animaux, je dis juste que je n’aimerais pas me réincarner en chien, et finir dans ce refuge », quelques jours après. La SPA de Villeneuve-Lès-Maguelone a dû essuyer une importante polémique créait par l’humoriste au milliard de vues sur Youtube. « On vit cette histoire très mal, confie Catherine, qui travaille ici depuis quatre ans et qui s’occupe notamment des soins. Ce qui se dit sur les réseaux sociaux ne correspond absolument pas à la réalité de ce qu’il se passe dans le refuge… On fait tout notre possible, à tous les niveaux, pour soigner les animaux… On en récupère dans des états monstrueux, on les soigne, pendant des mois, avant de les proposer à l’adoption… Ce refuge, il correspond en tout point à l’amour que l’on porte aux animaux. »
Ce qui fait que la plus grande SPA de France est aujourd’hui toujours réputée, c’est l’union que l’on peut retrouver entre les membres de la SPA. Toujours souriants, toujours avenants, ils parviennent à transmettre une énergie positive aux adoptants.

Bénévole un jour, bénévole toujours

Si la SPA tient encore le coup aujourd’hui, c’est parce qu’elle a pu compter sur ses fidèles bénévoles. Toujours plus nombreux d’une année à l’autre, les bénévoles forment un socle solide de la SPA. Ils sont régulièrement dans les centres et aident du mieux qu’ils peuvent les employés pour offrir les meilleurs soins aux animaux présents. Eux aussi vivent assez mal les polémiques qui les submergent. « On se donne à fond pour que les animaux se sentent bien. Ils ont déjà vécu l’enfer en étant abandonnés, donc il est hors de question qu’ils le revivent au sein des centres » , témoigne Cécile, qui a décidé il y a un mois de rejoindre la famille de la SPA.
« Les polémiques ? Il y en a partout où l’on va, c’est un fait. Ce n’est pas pour ça qu’il faut boycotter les centres », assure Monique qui est bénévole pour la SPA depuis plus de dix ans maintenant. Des polémiques, elle en a essuyait lors de ces dix dernières années. Pour autant, il n’a jamais été question de quitter son poste. Trop attachée au centre dans lequel elle travaille, elle n’a jamais voulu partir. « C’est génial de pouvoir s’occuper des animaux. On les promène, on les nourrit, on les câline, c’est notre rôle. Et qui ne voudrait pas d’un tel rôle ? », conclue-t-elle.

Premier refuge au service de la protection animale, la SPA fait aujourd’hui partie des cadors de ce domaine en France. Elle a toujours su rebondir face aux controverses qu’elle a pu susciter. Et quoi qu’on en dise, la SPA est un organisme qui va durer dans le temps.

Gwenaëlle Souyri