février 08

En France, une hausse invisible des IST chez les jeunes

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Souvent connues sous l’appellation « IST » ou encore « MST », les infections sexuellement transmissibles, c’est-à-dire “les maladies transmises lors d’un rapport sexuel”, sont en pleine recrudescence, en particulier chez les jeunes. Outre les IST bien connues comme la syphilis, l’herpès ou encore le sida, de nouvelles infections plus coriaces viennent se greffer à la longue liste des maladies sexuellement transmissibles. 

Récemment, deux types d’IST sont en pleine recrudescence chez les moins de 35 ans : la chlamydia et la gonorrhée. S’attaquant notamment aux jeunes, ces deux IST se propagent rapidement lors des rapports non protégés.

« C’est une IST asymptomatique, ce qui facilite sa propagation »

 Au centre de planification et d’éducation familiale (CPEF) d’Angers, l’infirmière et conseillère conjugale Anne Laure Bessonneau met en garde face à la dangerosité de ces infections. « C’est une IST asymptomatique, ce qui facilite sa propagation » déclare-t-elle en évoquant les cas de chlamydia. Elles sont dotées de certaines particularités qui les rendent plus dangereuses. Selon les données de « Santé Publique France », le nombre de diagnostics d’infection à chlamydia a augmenté de 29 % durant la période 2017-2019, contre “21 %” pour la gonorrhée sur le même laps de temps. Ces analyses inquiétantes sont aussi suivies d’une baisse du nombre de rendez-vous dans les centres de dépistage. « Avec ma collègue, on raconte des histoires aux classes de collège et de lycée. Récemment, une jeune de 17 ans est venue se faire dépister car elle avait eu des rapports non protégés avec plusieurs partenaires sexuels, sous un taux d’alcool élevé. Nous avons fait le bilan avec elle et il s’est avéré qu’elle avait été infectée par chlamydia, ainsi qu’un de ses partenaires sexuels ».

Des moyens de lutter contre leur propagation  

Depuis la crise sanitaire, les centres de dépistage recensent une baisse du nombre de rendez-vous, malgré la hausse du nombre d’IST chez les jeunes. Les mesures sont pourtant simples. « On peut venir sans rendez-vous » déclare l’infirmière tout en énonçant les protocoles qui sont privilégiés en fonction du genre de la personne. « Le plus fréquemment, on réalise des tests urinaires ou des auto prélèvements vaginaux pour les filles. Pour les homosexuels, il existe des prélèvements anaux même si les tests urinaires restent plus courants ». 

Alors que certains CPEF proposent déjà des dépistages gratuits et sans rendez-vous, le gouvernement a pour projet d’améliorer, d’ici à 2030, la prévention et le dépistage des IST en multipliant les lieux de dépistage gratuit et accessibles sans ordonnance.

Noah Bergot-Colin