L’OGC Nice s’implique aux côtés de l’association « Le Point Rose »

Jeudi 5 janvier, l’association « Le Point rose », en collaboration avec le club de l’OGC Nice, organisait au cinéma Pathé de Lingostière, une soirée placée sous le signe de l’émotion avec la diffusion du film « Beauté cachée ». S’en est suivi un débat avec le docteur en psychologie et psychopathologie, Eric Dudoit.

Du beau monde était présent jeudi soir, au quartier Lingostière à Nice pour assister à la conférence organisée par « Le Point Rose ». L’OGC Nice, parrain de l’association, s’était notamment déplacé avec des jeunes joueurs du club, ainsi que le gardien de l’équipe première, Yoan Cardinale.

Etaient également présents dans la salle, Nathalie Paoli, la créatrice de l’association et des parents de victimes de l’attentat du 14 juillet, ou encore des membres de l’association « Le Point rose ».

« Le pire à vivre après la perte d’un enfant, c’est son oubli »

Nathalie Paoli, présidente du Point rose, a d’abord tenu à présenter l’organisation, et le pourquoi de sa création. Fondée en 2015, à la suite du décès de sa fille de neuf ans, Carla-Marie, l’association a pour vocation d’aider à pallier le grand vide laissé par la mort d’un enfant, permettre de continuer de « vivre » après l’impensable. « Le Point rose » tire son nom d’une histoire écrite par Carla-Marie quelques mois avant son décès, avec comme principal protagoniste, un point rose.

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« Le Point rose », une association créée par Nathalie Paoli en 2015. (Crédit photo : capture d’écran TF1)

Avant la projection d’un film de sensibilisation autour de ce que l’association véhicule, Nathalie Paoli a rappelé que, malgré cette perte, il faut continuer de vivre le lien d’amour même après une « séparation ». Cette idée est transmise à travers le film « Doudou forever », présentant l’action de l’association.

Après cette première diffusion, le film « Beauté Cachée », réalisé par David Frankel, avec Will Smith et Kate Winslet, était à son tour projeté. Cette comédie dramatique retrace l’histoire d’un publicitaire new-yorkais qui, après avoir connu la réussite professionnelle, sombre dans la dépression suite au décès de sa fille.

« On ne choisit pas de naître, la seule chose qu’on choisit vraiment, c’est de renaître après un drame ou de se laisser couler »

Se déroulait donc après la diffusion, une réflexion sur comment aborder la perte d’un enfant. Pour répondre à cette question, Nathalie Paoli était accompagnée du docteur du CHU de Marseille, Eric Dudoit, également auteur du livre « La Porte à franchir ».

Il a tenu à parler au nom des 22 années qu’il a passées à la clinique de la Timone, à Marseille, et de ce qu’il a pu y voir. Il est tout d’abord revenu sur le film, en évoquant l’amour, la mort et le temps, et en rappelant que les trois sont indissociables, et que « lorsque l’on goûte à un des trois, on goûte aux deux autres ».

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Yoan Cardinale (au centre) et Eric Dudoit  (à gauche). (Crédit photo : Loris Biondi)

La Vie avec un grand « V » comporte à la fois la vie et la mort. Il amène donc un message porteur d’espoirs autour de la vie qui, selon le médecin, a un sens positif. Malgré les événements tragiques, il y a toujours du bonheur quelque part.

Il ajoute que, dans le processus de deuil, il existe des moments « mystiques », avec par exemple la question de la réinvention du réel. Par exemple avec des odeurs, des objets qui évoquent quelqu’un, un souvenir, comme en témoigne Nathalie Paoli, qui est « comme un coucou de ceux qui nous ont quittés ».

Le docteur en psychologie et psycho-pathologie conclut en disant qu’il y a une forme de beauté cachée -en référence au film- une forme d’amour ultime tellement puissant que ce n’est pas que de l’horreur.

L’OGC Nice, un club socialement engagé

On connaît le club de l’OGC Nice sur le plan sportif, mais trop peu sur le plan social. Et pourtant, le club des Aiglons est très impliqué sur ce point-là également. Déjà, face au Stade Rennais, lors de la première journée du championnat de Ligue 1, les Niçois avaient arboré un maillot spécial en hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet qui avait frappé la ville et plus encore. Les maillots portés par les joueurs avaient ensuite été vendus aux enchères, et les profits avaient été reversés à l’association de victimes du 14 juillet.

Durant cette même rencontre, l’ensemble du stade a entamé une minute d’applaudissements à la 87ème minute en souvenir des 87 personnes décédées ce soir-là sur la Promenade des Anglais.

Jeudi 5 janvier, l’OGC Nice a donc renforcé sa présence associative en venant à cette conférence. Le club azuréen et l’association sont liés depuis le début de la saison, puisque les « rouge et noir » arboraient sur leur maillot le logo du Point rose lors des matchs de Coupe d’Europe.

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Le maillot arboré par l’OGC Nice durant leur campagne européenne. (Crédit photo : ogcnice.com)

Mais à l’occasion de cette conférence, ce sont donc les jeunes joueurs, accompagnés du service de communication du club, et du gardien professionnel Yoan Cardinale, qui se sont déplacés à Lingostière. Cardinale est en effet parrain de l’association, puisque lui aussi a connu des moments difficiles dans son enfance. Le natif de la Ciotat a failli perdre son frère, et ce drame aurait pu détruire sa famille comme il le confiait. Il a également souligné l’importance pour un personnage influent de s’impliquer dans des causes sociales comme celle-ci, puisque cela permet de toucher un plus large public.

C’est par ces mots que la soirée, placée sous le signe de l’émotion, s’est conclue.

Loris Biondi
Hugo Girard

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