Boxe : Evènement au Cannet

La salle de La Palestre était complète, ce samedi 2 décembre, pour le championnat du monde IBO organisé par Univent. Une salle animée, des boxeurs de classe mondiale et des combats impressionnants, tout était réuni pour avoir du grand spectacle. Buzzles y était, et vous raconte le déroulement de la soirée.

L’affrontement entre Doudou Ngumbu et Igor Mikhalkin (de gauche à droite) constituait le principal combat de la soirée. / (Crédit photo : Hugo Brun)

Huit combats, un championnat du monde en main event et des stars comme Michel Soro, c’est ce que proposait le promoteur Univent pour son dernier évènement de l’année, au Cannet, diffusé parallèlement par Canal+ Sport.

Entame en douceur

La soirée s’est ouverte par des boxeurs moins expérimentés et pour certains encore récemment amateurs, qui effectuaient leur deuxième ou troisième combat en tant que professionnels. Le premier affrontement de la soirée a opposé le Français Lucas Cabeo (0 victoire-1 défaite-0 nul) et l’Israélien Yotham Shalom (1-0-0), chez les super-plumes. Cabeo a commencé fort en donnant le rythme au combat et en dominant les deux premiers rounds. On pouvait penser le combat plié, mais c’était sans compter sur un Yotham Shalom combatif qui remportait les deux reprises suivantes. Au terme du combat, le speaker saluait logiquement les deux boxeurs, en déclarant ils « ouvrent parfaitement la soirée, c’est pourquoi c’est un match nul ».

La soirée se poursuit avec les poids welters, un affrontement entre le Marocain Mohammed Rabii (3-0-0) et le Hongrois Laszlo Szilvai (7-1-0). Un combat plus qu’expéditif, puisqu’un uppercut de Rabii dans le ventre de son adversaire mis un terme au combat après seulement quelques secondes.

Cet affrontement éclair laissait ensuite place à deux locaux qui ont combattu sous les nombreux encouragements du public. D’un côté, le local niçois Marlon Brun (2-0-0), de l’autre son compatriote tricolore, Sylvain Laval (1-0-0), dans la catégorie des mi-lourds. Bien qu’allant jusqu’à la limite, le combat a été à sens unique, tant le premier nommé a dominé les échanges, en touchant son adversaire plus souvent et avec plus d’agressivité. Brun remporta tous les rounds et donc une victoire logique aux points.

Le deuxième local à venir combattre dans cette salle déjà pleine, était le prodige cannois, Dylan Charrat (13-0-0), face à son compatriote Yahya Tlaouziti (13-1-3) en catégorie super-welter. L’affrontement très intense, a donné lieu à un combat engagé avec des rounds très disputés des deux côtés. Au 5ème round, le médecin fut même appelé afin de vérifier la coupure à larcade de Charrat. Au final, c’est un Charrat porté par son public qui s’est imposé aux points au bout des huit rounds.

Montée en puissance

Après ces combats de moindre importance, il était temps de laisser place aux quatre affrontements principaux de la soirée, diffusés par le groupe Canal+. Le premier à prendre place : le Franco-arménien Arsen Goulamirian (21-0-0), puissant lourd-léger qui vise une ceinture de champion du monde sous peu face au Brésilien Hamilton Ventura (15-4-1). Et cette rencontre n’aura été qu’une éclaircie dans la soirée cannoise, puisqu’asséné de coups dès le début, Ventura se retrouve au tapis et K.O au 3ème round. Après le combat, « Feroz » a annoncé ses projets pour le futur : « J’attends impatiemment le championnat du monde depuis longtemps, il devait avoir lieu ce soir, j’espère que la prochaine fois sera la bonne. ».

La soirée se poursuit avec le jeune phénomène de 20 ans, le super-moyen Louis « Kaway » Toutin (8-0-0). Il affrontait le Belge Ahmed El Ghoulbzouri (12-10-1), et ce combat a une nouvelle fois tourné court. Le Français, dès le début, s’est rué sur son adversaire et en lui portant de nombreux coups, avant d’être séparé de son adversaire par l’arbitre. Après une petite incompréhension et une protestation du Belge, les deux boxeurs repartirent au combat, et seulement quelques secondes plus tard Toutin remportait l’affrontement, par K.O. technique dans le premier round. Malgré son impressionnante prestation, « Kaway » est apparu déçu de lui : « J’ai bien bossé mais j’ai pas fait ce qu’il fallait », a-t-il déclaré à l’issue du combat. Au vu de son talent et de sa détermination, il est clair qu’il est promis à un grand avenir dans sa catégorie.

Le prodige « Kaway » Toutin remporte la victoire dès le 1er round. (Crédit photo : Raphaël Redon)

Après cet évènement ayant enflammé La Palestre, cest Michel Soro (30-2-1), super-welter français évoluant au meilleur niveau mondial, qui combattait afin de se reprendre après sa défaite en juillet contre Brian Carlos Castano en championnat du monde WBA, par décision partagée. Son adversaire était le grand Mexicain (1,88m soit 10 cm de plus que le Français) Ivan Montero (20-2-0), « un bon adversaire avec de l’expérience », selon Soro. Le Français a pu mettre en place sa boxe, sa défense, ses coups puissants, afin de passer le K.O. à son adversaire à la 3ème reprise. Dès la fin du combat, il avait déjà en tête le championnat du monde : « Mon objectif ? Une revanche contre Castano pour le titre mondial. ».

Michel Soro dans les bras de son coach après sa brillante performance. (Crédit photo : Raphaël Redon)

Mikhalkin à l’usure

Pour terminer, le moment fort de la soirée opposait le Français Doudou Ngumbu (37-7-0) au Russe Igor Mikhalkin (20-1-0), pour la ceinture IBO de champion du monde des mi-lourds. Le combat, rythmé par les « Allez Doudou » du public, fut engagé du début à la fin. Le Français a mené la cadence, en allant vers son adversaire et en se donnant à fond dès le début. C’est son physique qui lui a fait défaut, car il a rapidement calé et n’a pas tenu la distance, et le Russe en a profité pour placer ses coups au bon moment. Ngumbu a tenu jusqu’au bout, n’abandonnant jamais, ce qui est d’autant plus remarquable étant donné qu’il était présent en remplacement de Mickael Diallo, premier adversaire de Mikhalkin ayant déclaré forfait. Mais il s’inclina malheureusement aux points, par décision unanime (117-111 ; 116-112 ; 116-112). Mikhalkin conserve donc sa ceinture après un combat maîtrisé de bout en bout, même s’il a été mis en danger lors de coups d’éclats du Français.

« Doudou » (en rouge) saluant la performance de son adversaire après le combat. (Crédit photo : Hugo Brun)

Cette soirée de de boxe a été une réussite, à l’image du combat final, même si on peut se questionner sur le niveau des adversaires des principaux boxeurs, au vu de la facilité de ces derniers. On attend désormais 2018, avec on l’espère des chances mondiales pour Soro et Goulamirian, d’autres combats afin d’évoluer pour Toutin, et pourquoi pas une affiche entre Mickael Diallo et Igor Mikhalkin.

Hugo Brun

Raphaël Redon

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