Devenir dessinateur de bandes dessinées : du rêve à la réalité

Afin de vivre de leur activité favorite, de nombreux jeunes font le choix de devenir dessinateur de bandes dessinées.

La bande dessinée s’est implantée, au fil des dernières décennies, au sein des bibliothèques des Français. Chez les jeunes, la BD suscite un grand intérêt, beaucoup d’adolescents en sont fans. Certains prennent même la décision de devenir dessinateur, passant du statut de lecteur à celui de créateur de bandes dessinées. Des formations existent pour former ces mordus de la BD. Une étape importante pour affronter un milieu professionnel où la réalité est parfois très difficile.

Un rêve pour ces jeunes : vivre de leur passion

Que ce soit grâce aux mangas ou grâce aux comics, la bande dessinée a pris une grande place dans les habitudes des jeunes lecteurs. La BD est devenue la passion de nombreux adolescents qui se retrouvent souvent dans les héros des fictions ou dans l’histoire qui y est décrite. Alors que 75 % des jeunes de 7 à 17 ans déclarent lire régulièrement des bandes dessinées, une poignée de jeunes décide d’en faire sa profession.

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22% des lecteurs de BD seraient de véritables passionnés (CP : paris.fr)

C’est le cas d’Ariane, étudiante à l’Ecole Supérieure d’Art de Liège, qui présente la BD comme « une forme de narration à mi-chemin entre ce qui est écrit et ce qui est visuel ». Pour la jeune étudiante, la diversité du travail de dessinateur de BD « est une façon de conjuguer mes passions pour le dessin et pour la fiction. » L’art de la bande dessinée prend donc en compte la rédaction de l’histoire et l’élaboration du dessin. Néanmoins, il est souvent possible de lire une BD qui privilégie l’une des deux techniques artistiques. Ariane explique que l’on « peut faire une  »bédé » très intéressante et dessinée sommairement ou une très belle bd sans scénario ». La maitrise, à la fois, de la rédaction et du dessin, n’est donc pas obligatoire pour se prédestiner à la profession de dessinateur de bandes dessinées.

Mais dans l’objectif de vivre de leur passion, et pour perfectionner leurs techniques de production, certains jeunes intègrent des écoles reconnues par la profession, afin de se former au métier de dessinateur. Partout en France, des écoles forment les jeunes passionnés et les aide dans la recherche d’un style graphique, narratif et personnel. Les étudiants sont également sensibilisés au monde professionnel afin de connaitre les rudiments d’un domaine assez précaire et où il est compliqué de faire carrière. Ces enseignements sont indispensables pour faire du neuvième art, un rêve et un métier.

Une réalité pour ces jeunes : un milieu très difficile

Vivre de sa passion est un privilège que les jeunes dessinateurs espèrent atteindre. Mais pour accomplir ce souhait, de nombreux sacrifices doivent être faits. Vivant de leurs productions, il est difficile pour les jeunes dessinateurs de gagner un salaire convenable en début de carrière. Faire des productions qui seront vendues et donc lues est un luxe qui se mérite après s’être fait un nom dans le milieu, notamment auprès des maisons d’éditions.

C’est pourquoi les ambitions des jeunes étudiants comme Ariane sont modestes. « Devenir un auteur connu au Festival d’Angoulême ça fait rêver, mais mon objectif est simplement d’en vivre », avoue la française partie étudier en Belgique. Pour faire face à ce début de carrière qui s’annonce compliqué, Ariane explique qu’elle envisage, comme beaucoup d’étudiants, de se lancer en tant que travailleur indépendant afin de ne pas faire que de la BD. Cette manière permet d’assurer un revenu en faisant de l’illustration par exemple.

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Alfa BD est un librairie niçoise consacrée à l’univers de la bande dessinée. (CP: manga-news.com)

Les jeunes dessinateurs doivent néanmoins limiter leur indépendance pour pouvoir espérer réussir dans ce domaine. Le vendeur d’Alfa BD, une librairie niçoise spécialisée dans les  »bédés », explique que « les maisons d’édition sont au cœur du marché et qu’elles sont quasiment indispensables aux jeunes auteurs qui souhaitent se faire publier. » La plupart des bandes dessinées qui se retrouvent dans les rayons des librairies sont en effet des livres qui sont présentés par les maisons d’édition. Chez Alfa BD, il est « rare de trouver des BD qui proviennent de dessinateurs indépendants ». Un auteur  »freelance » aura donc du mal à se faire publier s’il évolue en auto-édition puisqu’il ne bénéficie pas des sessions où sont présentés les nouveaux albums.

Pour ces jeunes dessinateurs, l’indépendance leur permettra de varier les activités et la dépendance aux maisons d’édition leur permettra de se faire publier en librairie. Il est ainsi question pour les jeunes dessinateurs de trouver un juste milieu entre l’indépendance et la dépendance. Ce qui fait de la BD une profession à risques et très complexe pour les jeunes passionnés.

Bastien Blandin