À Cannes, les médiathèques confrontées à l’ère numérique

Les jeunes se désabonnent des médiathèques cannoises

« Jusqu’à 12 ans, les enfants sont encore intéressés, mais à partir de 13-14 ans, on les perd ». Les mots de Wanda Duytsche, responsable de la médiathèque Romain Gary à Cannes suffisent à résumer l’enjeu auquel sont confrontées les médiathèques de la ville. À l’ère du numérique, elles éprouvent des difficultés à attirer les jeunes de 13 à 25 ans. Ils représentent seulement 12.5% des abonnés sur les sept médiathèques qui composent le réseau cannois.

Les smartphones offrent une multitude de fonctionnalités qui ne nécessitent plus de se déplacer. Le coin discothèque de la médiathèque Noailles fait partie des espaces menacés de fermeture. « Avec les nouveaux outils comme Deezer et Spotify, les jeunes n’ont plus besoin de venir ici pour écouter de la musique » déplore Isabelle, bibliothécaire. Vidéos, chansons et livres peuvent être visionnés directement via des téléphones.

Collégiens, lycéens et étudiants s’abonnent moins, mais continuent de fréquenter les structures. « Ici, on ne peut pas accueillir tout le monde en période de partiels tellement c’est plein », constate Murielle Grandhomme, responsable de la médiathèque Noailles. Les médiathèques servent alors exclusivement d’espace de travail. Clara et ses deux amies, toutes les trois lycéennes, font partie des adeptes. « Cela nous permet de réviser au calme ou de travailler en groupe », expliquent-t-elles.

Moderniser son offre

Conscient du manque d’intérêt de cette tranche d’âge, le réseau tente de diversifier ses espaces multimédias. La médiathèque Romain Gary met à disposition des jeux vidéo qu’il est possible de louer. « Nous souhaitons renouveler nos offres pour attirer les adolescents », souligne Wanda Duytsche.

Cafés des lecteurs, concerts, ou encore expositions d’auteurs sont également organisés à Noailles pour séduire le public ciblé. Une manière de s’en rapprocher pour lui redonner goût aux livres par la suite. « Les jeunes n’en lisent que très peu », mais les bibliothécaires comptent bien changer ces habitudes.

Aboa Lolita et Uminski Jean