février 14

La Côte d’Azur face à la bétonisation

Malgré les apparences, les Alpes-Maritimes font partie des départements les plus urbanisés de France. En l’espace d’un demi-siècle, le littoral de la Côte d’Azur a été totalement défiguré, notamment en sacrifiant des espaces verts. On a tenté d’aborder quelques aspects de ce problème, ses conséquences et les solutions mises en place par ses habitants.

Lorsque nous avons décidé d’enquêter sur l’artificialisation des sols sur la Côte d’Azur, nous nous sommes vite rendu compte, à l’aide de diverses cartographies, que la place de la nature reculait « à pas de géant ».

1. À Nice, la plaine du Var passe du vert au gris

Inauguré en 2013, l’Allianz Riviera, nouveau stade de l’OGC Nice, a été construit dans une ancienne zone agricole, dans la Plaine du Var, au Nord de Nice, symbole de la bétonisation de la région et de l’artificialisation des sols dans les Alpes-Maritimes, 5e département le plus urbanisé de France.
Après quelques recherches, nous décidons de nous y rendre, pour tourner des images, et pour recueillir les témoignages des habitants. Côté images, nous n’avons pas eu de problèmes, mais les habitants que nous avons rencontré étaient peu enclins à témoigner devant l’objectif de notre téléphone. Nous avons donc utilisé une caméra cachée pour pouvoir recueillir le témoignage d’André, un ancien maraîcher de 78 ans, qui vit là depuis plus de 50 ans, et qui a vu son environnement changer. Il nous raconte comment, autrefois, tous les terrains alentours étaient des terrains agricoles. Désormais, les constructions de l’axe autoroutier, de nombreuses habitations, du nouveau stade et d’un complexe commercial autour de ce dernier, ont totalement bouleversé le paysage qui entoure la maison d’André.

2. Monaco, roi de la bétonisation

La ville de Monaco est un bon exemple pour comprendre le phénomène de bétonisation. La principauté s’est développée sur 40 hectares sur la mer entre 1958 et 2017, et un nouveau projet d’élargissement est en cours. Nous avons donc voulu montrer cette artificialisation du littoral monégasque, où le béton a remplacé la côte. En arrivant à Monaco en cette période hivernale, ce qui frappe, ce n’est pas les hôtels et autres bâtiments de luxe, mais plutôt l’omniprésence de grues, de camions, et d’appareils de chantiers. De nouvelles habitations sont construites tous les ans, et remplacent peu à peu le paysage abrupte de la principauté de 38 000 habitants. De plus, un nouveau quartier de 6 hectares est en train d’être construit sur la mer. Nous avons cherché à montrer l’ampleur de ce projet pharaonique, et son impact sur la ville. Après avoir tourné des plans et des plateaux, nous allons à la rencontre des habitants, d’abord la sécurité, puis des monégasques sur la terrasse d’un café, pour recueillir leurs sentiments face à cette nouvelle étape d’extension sur la mer. Après quelques refus, nous avons dû utiliser une caméra cachée pour pouvoir recueillir les témoignages, le sujet étant sensible sur le Rocher. Le sujet est présenté sous forme d’une vidéo explicative IGTV.

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Monaco

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3. La culture hors-sol pour faire face à l’artificialisation

Face à l’artificialisation des sols sur la Côte d’Azur, les agriculteurs doivent adapter leurs pratiques pour continuer à produire des fruits et des légumes de qualité, sur des sols de plus en plus pollués. Pour traiter ce sujet, notre intervenante nous a dirigé vers deux agriculteurs qui optent pour une approche originale : la culture hors-sol, en aquaponie et hydroponie, deux types de culture économes en eau et en ressources, et garantie sans pesticides. Nous nous rendons à la ferme de Nagualma, au Nord-Ouest de Cannes, il est 14h, nous rencontrons Jérôme et Rudy, qui nous expliquent le fonctionnement de leur ferme agricole hors-sol, produisant des fruits, des légumes et différents aromates, en consommant seulement 10% d’eau, comparé à une culture intensive, grâce à un système d’irrigation fermé permettant d’éviter le gaspillage. Cependant, même en optant pour cette approche, les deux agriculteurs subissent les effets de la bétonisation et de l’articialisation des sols de la région. En Novembre dernier, de nombreuses villes de Alpes-Martimes, dont Cannes et Mandelieu-la-Napoule, ont subi des précipitations sans précédent. Situé en contre bas de la vallée de la Siagne, la ferme de Nagualma est l’une des exploitations à avoir été inondée, avec de lourdes conséquences, que nous explique Rudy. Après avoir remit leur exploitation en état de marche, les deux amis nous ont confié qu’ils commercialiseront leurs produits sur le marché de Cannes.