juin 24

Kalifat : la Syrie, le rêve des uns, le cauchemar des autres.

Retour sur la série suédoise Kalifat, un thriller qui nous plonge dans le fonctionnement de l’État Islamique, du processus de radicalisation à la fuite, parfois mortelle de l’enfer du « califat » syrien

Image extraite de la série « Kalifat », disponible sur Netflix.

Diffusée sur la chaîne suédoise SVT, la série créée par Wilhelm Behrman avait fait un succès dans son pays d’origine en battant les records d’audiences. Tout en utilisant les codes du thriller d’espionnage, Kalifat retrace le destin, intrinsèquement liée de trois jeunes femmes, toutes reliées par une chose : l’islamisme. 

Un thriller qui nous plonge dans l’univers psychologique de l’Etat Islamique

Fatima fait partie de la brigade anti-terroriste et tente de déjouer un attentat contre la Suède. Pervin, bloquée en Syrie après avoir suivi son mari au Djihad, essaie par tous les moyens de fuir ce cauchemar éveillé qu’est le califat. Sullye est une lycéenne que rien ne présageait de tomber dans l’islam radical. Pourtant, toutes trois vont vivre de près ou de loin, les processus de radicalisation, et la menace qu’est l’islamisme dans un pays aussi « parfait » que la Suède. Sans tomber dans le cliché, la série est d’un réalisme loin des séries américaines. Les policiers ne tombent pas dans l’archétype des « gros bras », la violence de ce monde qu’est le « califat » est particulièrement réaliste. Le traumatisme, la manipulation, et l’enfermement sont des sujets abordés avec finesse sans rentrer dans le sanglant : Kalifat retrace parfaitement l’habilité et la « douceur » avec laquelle cette idéologie de mort, s’implante dans les esprits. On a rarement vu le recrutement de Daesh aussi bien expliqué qu’en huit épisodes, et s’inscrit comme un thriller aux multiples enjeux mené essentiellement pas des femmes.

Le processus de radicalisation expliqué en huit épisodes

Cette « mini-série », qui se passe entre la Suède et la Syrie, se déroule en 2015, là où les départs d’Européens vers la Syrie était monté en flèche. Entre 2015 et 2017, ce sont plus de 1000 personnes qui auraient quitté la France pour l’Etat Islamique, environ 800 en l’Allemagne et pour la Grande-Bretagne, et 300 pour la Suède, qui ne compte qu’une dizaine de millions d’habitants. Un chiffre important, qui montre que la Suède aussi, n’est pas épargné par la montée de l’islamisme. On le remarque au travers des personnages de Jokob et de son frère, deux suédois, qui auraient rencontré « Allah » lors d’un séjour en prison. Finalement, l’Etat Islamique n’est pas présent que dans les cités. Il se trouve souvent là où l’attends le moins, et Kalifat, en une saison de huit épisodes, nous le montre bien.

Disponible sur Netflix.

LYDIA MAACHI