octobre 20

Au cœur du Brexit, Boris Johnson seul face aux 27 pays de l’Union Européenne

Dessin : Pierluca Leandri

Boris Johnson a pris la parole le vendredi 16 octobre 2020 et a multiplié les menaces du « no deal » qui serait synonyme d’un Brexit dur. Face à cela les pays européens ont montré leur unité et leur détermination dans les négociations avec au premier ministre britannique.

Le bras de fer Britannico-Européen est loin d’être terminé et les prochains épisodes du feuilleton seront à suivre avec attention. Les tensions sont fortes entre Bruxelles et le premier ministre britannique. Un Boris Johnson qui ne se résigne pas, brandissant toujours la menace du « no deal ». Au cœur des négociations, « BoJo » veut mettre la pression et montrer qu’il n’a pas peur dans ce rapport de force. Il a déclaré vendredi : « Puisque l’Union Européenne refuse de négocier, nous devons nous préparer à un scénario à l’Australienne ». Une expression utilisée ici pour désigner un « no deal », le Brexit sans accord, dans lequel les droits de douane très importants fixés par l’organisation mondiale du commerce pourraient s’appliquer.

Les principaux points de dissension étant trois concessions demandées par l’Union Européenne sur des sujets clés : des règles de concurrence équitables, un accord pérenne sur la pêche et des règles de gouvernance crédible. Le premier ministre britannique refuse ces termes et a qualifié d’inacceptable les propositions de Bruxelles.

En réaction les 27 pays européen font bloc. Jeudi 15 octobre lors du sommet européen, Michel Barnier prenait la parole pour exprimer « la détermination et l’unité » des Européens à obtenir des Britanniques, les mouvements nécessaires à la conclusion d’un accord global dans les semaines à venir. Un moment clé donc d’autant que selon les diplomates français le locataire du 10 Downing Street n’est pas si fort qu’il n’y paraît. Sa popularité est en baisse suite à sa gestion très critiquée de la crise du Covid-19. Puis, il se retrouve dans l’incertitude de l’attente des résultats de la présidentielle américaine avant de pouvoir mettre en place des accords commerciaux avec les Etats-Unis pour avoir une porte de sortie vers l’ouest en cas de « no-deal ».

Les prochaines semaines s’annoncent donc décisives pour peut-être voir s’achever des négociations qui durent maintenant depuis quatre ans et le référendum de 2016.

Pierluca Leandri