Birmanie: trois doigts levés vers le ciel comme symbole de résistance

Appelé « salut aux trois doigts », ce geste -trois doigts joints, pouce et auriculaire repliés- est devenu le symbole de la protestation pour dénoncer le coup d’État militaire, survenu le 1er février, en Birmanie. Le geste s’inspire de la série littéraire Hunger Games, soit, les jeux de la faim, de Suzanne Collins. Des membres du personnel médical de l’Hôpital général de Yango Yangon, établissement public de la capitale Rangoun, ont été parmi les premiers à faire le signe de protestation. La scène s’est déroulé le 3 février, deux jours après le coup d’État militaire.

Une stratégie commune 

Trois doigts levés vers le ciel. Le geste « a transcendé son sens originel » – dans la saga Hunger Games, il sert à remercier, à exprimer l’admiration, à dire au revoir à quelqu’un qu’on aime-, écrit le Courrier international. À ce jour, il représente un « symbole de résistance et de solidarité à travers les mouvements démocratiques d’Asie du Sud-Est », le journal poursuit, « il (le symbole) s’ancre dans une culture de la contestation populaire et mondialisée à laquelle s’identifie une nouvelle génération de jeunes militants, conscients de l’importance des images pour populariser leurs luttes ». Lors de la dernière dictature militaire (1962-1988) en Birmanie, « les habitants éteignaient la télévision et la lumière au début du programme du soir du gouvernement militaire en signe de dégoût et de rejet”, rappelle le média thaïlandais Enquirer.

Sur le média Brut, l’historien Thomas Snegaroff explique l’idée qui existe derrière tout symbole de résistance. Dans les années 70, Gene Sharp, philosophe, affirme que chaque symbole, dans les mouvements qui secouent plusieurs pays, est un appel à la non-violence : « Comment, par la non-violence, on peut renverser des régimes autoritaires, totalitaires, des dictatures. » Deux idées sont mises en avant : les slogans et les logos. La première est l’idée qu’il faut un ou plusieurs slogans, associés au mouvement de contestation. Ces slogans se doivent d’être simples, claires et faciles à répéter. La deuxième est l’idée du logo : il faut des signes clairs, auquel chacun puisse s’identifier et « répliquer quand on souhaite montrer son attachement à cette révolution », et/ou revendication.  Des patrons reproduits dans nombreux mouvement revendicatifs: les parapluies, les masques, les poings en l’air, les trois doigts levés vers le ciel…

Laura Bouaricha