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Hermès : La plus grande ferme de crocodiles d’Australie va être créée

© Unsplash

La maison de luxe entend élever près de 50 000 crocodiles en cinq ans

40 millions de dollars, c’est l’investissement d’Hermès dans la future plus grande ferme de crocodiles au monde. La reine des sacs à main en peau de crocodile s’est associée en ce début d’année au principal acteur de l’industrie de l’alligator, Mike Burns. Les deux géants ont fait l’acquisition d’une ancienne ferme de melons de 152 hectares située à Darwin, en Australie. L’installation construite par PRI Farming, société appartenant à Mike Burns, pourrait accueillir plus de 50.000 reptiles. D’après ABC, la firme de luxe a déjà tout prévu. L’élevage comprendra un laboratoire d’incubation d’œufs, une écloserie, des enclos de production, une ferme ouverte et des zones de stockage d’aliments réfrigérés. Environ 30 personnes seront employées sur place. Un projet controversé qui attise les réactions négatives. 

« Des sacs au détriment du bien-être animalier »

La ferme aux crocodiles d’Hermès ne sera pourtant pas la première. Les géants du luxe français détiennent déjà plus de 50 % des fermes existantes. Selon Ouest France, « en 2018-2019, plus de 24 600 peaux de crocodiles ont été exportées depuis cette région australienne ». Les élevages des firmes de luxe ne sont pas présentés comme des exemples du bien-être animal. En avril 2018, l’association Peta avait interpellé le groupe sur les conditions d’abattage des crocodiles. D’après Capital, LVMH avait déploré « être associé à des pratiques qu’il dénonce ». Plus récemment, le journaliste de l’AFP, Gregory Plesse publiait un article sur l’un des élevages appartenant à LVMH. Une description peu valorisante pour le groupe. « Des oeufs entassés dans des caisses, des pièces sombres et lugubres… ». D’après Catherine, fervente militante et adhérente de l’association 269 Life Libération Animale, la place des crocodiles n’est pas dans un élevage pour sacs à main, mais dans la nature. 

« Les meilleures pratiques pour préserver l’espèce »

Si les crocodiles sont destinés à mourir au bout de trois ans pour la marque, pour certains « militants » ces pratiques préservent l’espèce menacée. Selon Le Monde, l’Australien Graham Webb est de cet avis. Défenseur de la cause animale, il a aidé LVMH à acquérir leurs fermes. Les crocodiles appartenant à Hermès et donc à LVMH représentent un véritable enjeu économique. Hermès a fait de ses sacs en peaux de crocodiles des incontournables. Des pièces de haute couture qui se vendent au prix fort. L’élevage de l’animal aux écailles est un investissement plus que rentable. En Australie, les visites de ces fermes sont ouvertes au public. L’exploitation de crocodiles rapporterait plus de 67 millions d’euros par an au tourisme. Le reptile est au cœur d’un véritable business et cela n’est pas prêt de s’arrêter. Le futur projet d’Hermès devrait être opérationnel dès la fin de l’année 2021.

Lilas Pierre