février 28

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La transformation du tourisme à Nice, une perturbation pour les Niçois

 À cette période de l’année, la promenade des Anglais et ses 7 kilomètres de plage sont généralement plutôt paisibles. Rien à voir avec la foule estivale. Pourtant depuis quelques années, de nombreux locaux constatent un changement radical du tourisme.

En 2021, plus de 7 millions de visiteurs ont séjourné sur la Côte d’Azur selon l’Observatoire du Tourisme de la Côte d’Azur. Un chiffre qui reste néanmoins frêle par rapport aux 11 millions de voyageurs recensés en 2019. Un écart dû à la pandémie et donc aux restrictions de déplacements à l’échelle mondiale. Avec l’allègement des restrictions, notamment la réouverture des frontières, les touristes Niçois assistent à une évolution du tourisme. Gérard, un pêcheur habitué de la promenade, est catégorique. Pour lui, l’activité touristique a beaucoup évolué. « Je suis pêcheur depuis longtemps et il y a beaucoup plus de touristes qu’avant. Avant, c’était très cyclique. Il y avait la foule l’été et le calme de l’automne et du printemps. Après, l’hiver, il y avait une autre clientèle. Mais je vois beaucoup la différence. » Et cette différence est d’autant plus évidente sur le bord de mer. Plusieurs commerces tels que des glaciers et restaurants, ont envahi le front de mer afin d’être au plus près des touristes.

Un démarrage économique encourageant

Alexandre Rottier, gérant d’une cabane à crêpes sur la promenade des Anglais, assure que la saison est prometteuse : « Il y a un peu plus de touristes que d’autres années grâce au beau temps et à la hausse des températures. Cela étant, les conditions sanitaires actuelles empêchent encore beaucoup de personnes de voyager. Mais le climat fait qu’il y a plus de monde qu’un mois de janvier normal. » Une vision optimiste que partagent plusieurs plagistes, qui voient les réservations s’accumuler. Sabine, serveuse au restaurant, Le Galet, voit des touristes toute l’année. Grâce à son emplacement géographique situé entre mer et montagnes, c’est la ville où partir, été comme hiver. « À chaque service qu’on fait, il y a toujours des touristes, notamment limitrophes comme les Italiens. Mais avec le Covid, les gens ne voyagent pas trop en ce moment. »

Pour les touristes comme pour les évènements, l’allègement des mesures sanitaires s’établit donc comme primordial. D’autant plus que les températures sont très favorables. Ce mois de janvier 2022 a été le troisième plus chaud depuis 1958, selon Nice Matin Un record qui favorise les réservations précoces, notamment dans les hôtels. Le secteur hôtelier a retrouvé un taux d’occupation normal, soit de 45 % et le chiffre d’affaires a augmenté de 78 % par rapport à 2020. « On est dans une dynamique de progression qui reste constante. » Denis Zanon, directeur de l’office de tourisme de la métropole de Nice, semble rassuré.  Des températures chaudes, des évènements attractifs et des vacances scolaires qui approchent à grand pas : tout semble réuni pour profiter allègrement. Le maintien du Carnaval de Nice et de la Fête du citron de Menton devrait aussi continuer de faire grimper progressivement les réservations.

Des plaisirs éphémères

Omar Logang, peintre expérimenté, peint sur une plage de Nice, avant l’arrivée des touristes. (Crédit photo : Océane Boisseleau)

Grâce à son cadre idyllique où mer bleutée et sable clair se confondent, Nice est l’une des destinations les plus prisées au monde. L’activité touristique est le moteur principal de son économie. C’est pourquoi jouir de son accalmie est si sacré. Omar Logang, peintre expérimenté, installe son chevalet dès le début de l’année. La raison qui le pousse à se lever tous les matins aux aurores, c’est le soleil. Cette « lumière » si particulière qu’offre le mois de février, lui propose un paysage unique au travers duquel il puise sa créativité.

Un peu plus loin, un groupe de jeunes lycéens se baigne pour la première fois de l’année. « On est venu ici pour prendre un peu l’air et nager. Comme on est sorti des cours un peu plus tôt, on est allé se baigner. » Avec une température de l’eau variant entre 12 et 13 °C, la mer Méditerranée est idéale pour réaliser son premier bain de l’année. « On est originaires de Bretagne, alors l’eau est nettement plus chaude ici. », assure un des jeunes en souriant.

Le recrutement du personnel, un obstacle grandissant

Outre quelques commerçants ravis de ce début de saison, certains hôtels restent fermés. En effet, depuis le début de la nouvelle année, le recrutement de personnel est difficile. Des saisonniers sont toujours recherchés, dans les restaurants et les hôtels par exemple. Cette gestion tardive des saisonniers associée au manque de réservations pour certains hôtels de luxe, cause un retard en ce qui concerne les dates d’ouverture. C’est pourquoi plusieurs établissements ont choisi d’ouvrir fin février au lieu de la mi-janvier, ce qui coïncide avec l’ouverture imminente des frontières. Cette dernière mesure amènerait la clientèle étrangère, qui représente la grande part de l’activité de l’hôtellerie de luxe.

La saison débute le 11 février, ce qui marquera le début des festivités.

Océane Boisseleau