Zellidja encourage les jeunes à voyager à l’étranger

Partir seul dans le pays de son choix, c’est ce que propose l’association Zellidja aux jeunes. Ce groupe de bénévoles sélectionne et finance des projets depuis 83 ans. C’est une centaine de voyageurs francophones qui partiront cette année, avec une bourse pouvant aller jusqu’à 900 €.

Photo de Pawan Yadav sur Pexels

“Tu as entre 16 et 20 ans ? Voyage ! Avec une bourse Zellidja”, encourage l’association “Zellidja Bourse de Voyage” en première page de son site internet. Pour les bénévoles de Zellidja, la jeunesse a envie de voyager après cette crise sanitaire. Plus de trois cents demandes ont été comptabilisées le 18 février dernier, jour de clôture pour la saison de 2022. Une bonne nouvelle pour l’organisme qui permet à des francophones de vivre “une expérience de vie unique”. Pour les jeunes, la bonne nouvelle (ou la mauvaise) leur parviendra début mars, période de sélection face au jury. Pour l’heure, la fourmilière Zellidja doit éplucher les dossiers reçus sur Internet.

“S’engager à partir seul, un mois au minimum, avec un projet d’étude et avoir entre 16 et 20 ans”, font partie des règles pour obtenir la bourse Z de 900 € maximum. Avant de procéder au versement de la bourse, les jurys de chaque région de France vont sélectionner et recevoir les jeunes pour un entretien. L’année dernière, seulement soixante-six personnes sont parties. La crise sanitaire avait freiné l’activité touristique. Les choses s’éclaircissent : tous les jours les frontières de nombreux pays s’ouvrent aux vacanciers du monde entier. Pour l’organisme et ses 83 ans d’existence, cette crise n’est qu’un épisode de plus.

1939 : début d’un long voyage

En 1939, l’architecte Jean Walter invente le concept des “Bourses de voyage Zellidja”. Il veut “donner à de jeunes gens l’opportunité de développer des qualités précieuses” après avoir lui-même pu expérimenter le voyage en solitaire dans sa jeunesse. La première Fondation Zellidja nait et se développe avec l’aide de l’Académie Française. Après plusieurs évolutions, la fondation passe sous l’égide de la Fondation de France qui assure la pérennité des bourses Zellidja. Les financements viennent, à hauteur d’un tiers chacun, de subventions privées, de fonds publics (régions, éducation nationale…) et de fonds propres (cotisations). Les frais de fonctionnement représentent 15 % des ressources et le reste de l’argent récolté est destiné aux bourses. C’est environ trois cents bénévoles et une salariée qui travaillent pour Zellidja. 

Jean Walter, le fondateur de Zellidja (1883-1957) @zellidja.fr

Le financement est primordial dans l’action de Zellidja. Les jeunes doivent ouvrir leur champ des possibles tout en veillant à leur budget. Ainsi, la pratique de l’auto-stop pour se déplacer ou la pratique du bivouac pour se loger, sont encouragés lors des voyages. Des pratiques qui peuvent faire peur quand on est jeunes.

« Ça m’a donné des ailes quand je n’en pouvais plus« 

“J’avais 17 ans mais j’avais envie d’aventures”, témoigne Ezilda qui a voyagé en Italie l’année dernière. “Quand on voyage seul, les gens sont vraiment accueillants et se dirigent vers nous sans qu’on leur demande”, explique-t-elle. Une expérience qui “favorise la transition de l’adolescence à l’âge adulte” selon elle. Sociable et vive, elle voulait voyager coûte que coûte. “Ça m’a donné des ailes quand je n’en pouvais plus ! ”, ajoute-t-elle.

“J’étais perdue dans ma vie, j’avais besoin de bouger et partir seule”, explique Khloé une ancienne voyageuse Zellidja. Elle a réalisé son rêve : aller en Irlande. Elle était malheureuse dans ses études et n’avait pas d’économies. “J’ai fait mon dossier la veille pour le lendemain et je ne m’étais pas foulée”, avoue-t-elle, mais une fois devant le jury, elle a pu montrer le potentiel de son projet. Une fois sur place, “le voyage ne s’est pas passé comme prévu”. “J’ai fait beaucoup de choses que je n’aurais jamais faites dans un autre contexte et au final j’ai énormément appris sur moi, pris en confiance”, reconnaît-elle.

“Vous êtes libre de faire ce que vous voulez pendant le voyage et de suivre vos envies ! ”, explique l’animatrice d’une session d’information. Cinquante-quatre jeunes étaient présents et trois anciens voyageurs Zellidja témoignaient. “Le thème de voyage permet d’être le fil conducteur mais ne doit pas être vécu comme une contrainte”, développe un des anciens voyageurs. Sur le site internet on peut voir l’écologie en Nouvelle-Zélande, les contes et légendes d’Islande, le tour de l’Europe à vélo ou encore le féminisme à Cuba. Le sujet du voyage est aussi celui du rapport d’étude qui doit être rendu après le voyage. Il doit être accompagné d’un journal de bord et d’un carnet de comptes. Chaque sujet de voyage est propre à l’envie du voyageur mais doit tout de même être réalisable en théorie. Il est possible d’être aiguillé par un bénévole Zellidja dans la construction du projet.

Plus qu’une association

“J’ai voulu être bénévole parce que je suis très reconnaissante envers Zellidja”, explique Hélène du Pôle communication. Elle a effectué deux voyages avec les bourses Zellidja. Son premier thème de voyage était l’éducation des enfants en Inde. Elle l’a effectué à 17 ans. Le second, effectué deux ans plus tard, était sur des ONG au Rwanda. “J’ai pu réaliser la chance que j’avais de vivre en France”, explique-t-elle. Depuis deux ans, elle continue l’aventure Zellidja de l’autre côté du rideau. À 21 ans, elle entretient les réseaux sociaux numériques quotidiennement. Il y a quelques semaines, elle a assisté à son premier conseil d’administration. Être bénévole prend beaucoup de temps, “certains travaillent à temps plein mais on fait ça par passion ! ”. Des passionnés, qui sont pour la plupart, des anciens voyageurs Zellidja. Au-delà de l’association “on se retrouve entre passionnés de voyages, tout le monde a vécu des expériences très fortes”. Cette année, environ cent vingt jeunes vivront cette expérience à leur tour, entre le mois de juin et le mois d’octobre.

Hélène au centre, lors de son second voyage avec une “Bourse Z”, au Rwanda (Crédit Photo : Hélène Varailhon)

Maxime CONCHON