[Royaume-Uni 2/4] Le Brexit : La presse anglaise de nouveau sur la brèche

Avec le Brexit, la presse anglaise a trouvé un nouveau terrain de jeu. Comme à chaque fois qu’un débat agite le pays, les journaux britanniques ne se sont pas gênés pour prendre position.

Depuis maintenant quelques mois, un mot fait frémir toute l’Europe : le Brexit. Un mot pour savoir si oui ou non le Royaume-Uni doit rester dans l’Union Européenne. Le choix de nos voisins est important. Le débat qui anime la presse l’est tout autant. Mais avant, un petit rappel s’impose.

 

Les relations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne n’ont jamais été évidentes. En 1963 et 1967, le Général De Gaulle oppose son véto à l’entrée du pays dans la Communauté Economique Européenne. Le président français reprochait aux britanniques leurs « réticences sur le traité de Rome », fondateur de la CEE. De Gaulle tiendra cette position jusqu’à son retrait du pouvoir en 1968.

Quelques années plus tard, en 1973, le Royaume-Uni entre finalement dans la CEE. Mais ce n’est que le début des frictions entre les deux parties : de Margaret Thatcher qui veut récupérer son argent au refus de la monnaie unique, le Royaume-Uni ne fait rien comme les autres. Pas étonnant donc de les voir faire le forcing pour sortir de l’Union Européenne alors que l’Albanie ou la Turquie tentent par tous les moyens de faire le chemin inverse.

 

La presse anglaise n’est pas la même que la nôtre. Les deux journaux papiers qui se vendent le plus (The Sun et The Daily Mail) sont des tabloïds. Les médias ne se gênent pas pour exprimer leurs opinions et cela s’est encore vérifié sur le Brexit.

Une presse qui s’emballe

La Reine d’Angleterre est tenue par un devoir de réserve. Elle doit être politiquement neutre. En général, sa tâche est facilitée par les journaux qui ne dévoilent pas les propos qu’elle tient en off. Mais sur le Brexit, The Sun a franchi la ligne rouge.

Reine

La Une du Sun a provoqué la colère de la famille royale qui a porté plainte. (Crédit : Capture d’écran)

 

Ouvertement eurosceptique, The Sun a tenté d’influencer ses lecteurs avec sa Une. Mais il n’est pas le seul. Petit florilège des articles et des Unes les plus engagées.

 

Mais cette situation n’est pas idéale pour tous. Graham Gordon, un citoyen anglais très actif sur twitter, explique tout faire pour rester à l’écart « d’une campagne pauvre sur le fond et qui joue sur la peur. Tout le monde tente de nous influencer » continue-t-il « de la BBC (qui reçoit des aides de l’Union Européenne) aux journaux, ils ont choisi leur camp. C’est aux citoyenx de faire le tri ».

Pour les aider, un groupe de personnalités du monde des médias a décidé de lancer infacts.org début février. Les trois journalistes qui s’en occupent n’ont qu’une règle : suivre le code d’éthique à la lettre. Les fondateurs espèrent qu’en « se basant sur la recherche et l’argumentation » tout en relevant « les imperfections et les logiques biaisées », les citoyens anglais se rendent compte que leur intérêt est de rester dans l’Union Européenne. Au final, malgré la volonté de transparence de ses fondateurs, Infacts n’est qu’un média engagé de plus dans un pays qui n’en manque déjà pas.

Wilhem Lelandais-Foyer

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