novembre 10

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Camille Héloir, propriétaire de la première épicerie de producteurs locaux de Toulon

Il y a trois mois, Camille Héloir célébrait les un an d’ouverture de l’Eden épicerie, spécialisée en produits locaux. Zoom sur un concept innovant dans le centre-ville de Toulon.

Camille Héloir, 39 ans, est la patronne d’une petite épicerie située entre la place de la liberté, et le grand Opéra de Toulon. Sur sa devanture, une bannière : « produits de saison, direct producteurs locaux, agriculture raisonnée », annonce le concept. La vitre de la porte en verre représente le logo de la terre en bleu et vert avec des légumes souriants et joyeux dansant tout autour. Il s’agit de l’Eden épicerie.

Zone de Texte: L’épicerie n’a aucun concurrent en ville. @Lolita Aboa

L’épicerie n’a aucun concurrent en ville. @Lolita Aboa

Initialement vendeuse à Marseille pour une marque brésilienne de tongs, Camille Héloir choisie de se réorienter complètement vers l’alimentation saine. À l’origine de ce revirement, un manque d’offre de produit locaux dans la ville : « J’étais cliente pendant trois ans à Marseille d’une épicerie paysanne, et en déménageant à Toulon j’ai dû retourner dans les supermarchés, j’avais beaucoup de mal avec ça ». Les odeurs de terre et ce retour au naturel comme le suggère l’ambiance rustique dégagée par une décoration boisée et remplie de plantes, ne sont pas

sans rappeler à Camille Héloir, son enfance dans le potager de sa grand-mère : « Bien évidemment je suis passée comme tout le monde par la phase produits surgelés remplis de conservateurs, quand on s’intéresse au bien-être du corps et de la planète, la considération de son alimentation est inévitable ».

Tous les fruits et légumes de l’épicerie, écocertifiés et estampillés commerce équitable, sont fournies par une quinzaine de producteurs de la région PACA. Lorsque Camille Héloir décide de se lancer en 2017, elle demande de l’aide à l’épicerie Marseillaise dont elle a longtemps été cliente. Ces derniers n’hésitent pas à lui transmettre le contact de tous les producteurs locaux avec qui ils collaborent : « Ça m’a beaucoup aidé mais j’ai dû bien-sûr, compléter l’offre avec des producteurs varois également ». La gérante l’assure, elle ne négocie pas les prix avec ses fournisseurs et n’applique pas « des marges de tarés » mais 1,8 % seulement.

Malgré une demande nationale croissante envers les produits locaux, L’Eden épicerie a pourtant faillit ne jamais voir le jour. Pour un prêt financier de 15 000 euros, la jeune femme parcourt huit banques pour huit « non » en dépit des aides déjà accordés par le département : « C’est frileux une banque ! », dit-elle en riant.  Sur le point d’abandonner le projet, le neuvième essai sera finalement le bon après un an de procédure. Pour l’instant, l’épicerie n’a aucun concurrent en ville. Camille Héloir espère pouvoir l’agrandir prochainement, le temps d’installer une relation de confiance durable avec ses nouveaux clients.

Lolita Aboa